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Carrière

Angèle, une carrière à la COPA !

Publié le 9 juin 2019

Au fond d’une impasse à Arue, à l’abri des grands axes de circulation, se dévoile discrètement la Conserverie du Pacifique, la COPA. Pas de gros bâtiments industriels, plutôt une structure à taille humaine, composée de 3 pôles : administration, production, stockage. C’est ici qu’on fabrique un des plats les plus emblématiques et les plus consommés en Polynésie, le Punu Pu’atoro – littéralement traduit par « le bœuf dans la boîte ». L’équipe de  Femmes de Polynésie s’y est rendu pour rencontrer une de ses plus anciennes employées, Angèle GIRARD. Depuis plus de 25 ans elle travaille au service comptabilité, et a assisté à l’évolution de la société et à sa modernisation. Cette femme discrète et modeste s’ouvre à nous pour nous parler de son parcours et de l’harmonie entre ses valeurs personnelles et son environnement de travail.

« IL N’Y A PAS DE HASARD DANS LA VIE »

Angèle est née à Papeete et a grandi à Tahiti, mais a effectué d’innombrables aller/retours au cours de son enfance sur l’île de Raiatea, où vivaient ses grands-parents et une partie de sa famille. Issue d’un milieu modeste vivant essentiellement de l’agriculture, elle a participé depuis son plus jeune âge notamment à la vente des produits, « jusqu’à faire du porte-à-porte en brouette avec mes cousines. C’était trop bien cette période de partage et d’échanges avec la population, certaines familles de militaires nous offraient même des barres chocolatées pour nous remercier ».

Dès l’âge de 14 ans, Angèle enchaine les petits boulots pendant les vacances scolaires : hôtesse d’accueil, inventaires, caissière, … « Mes yeux brillaient, j’étais dans les étoiles quand je recevais mon salaire, récompense de mes efforts ».

Attirée par des études en droit, Angèle s’envole avec son BAC en poche pour Montpellier, où elle intègre la faculté de droit. Au bout de deux ans, elle se rend compte que ce n’est pas dans ce domaine qu’elle s’épanouirait. Riche de cette expérience, elle décide de rentrer au fenua, plus autonome et plus ouverte d’esprit.

« Ne voulant pas être une charge financière pour mes parents, il était de ma responsabilité de trouver rapidement un emploi pour rembourser mon prêt étudiant ».

Pendant deux ans elle occupe un poste d’employée de bureau polyvalente, mais cogite à une reconversion en relation avec son cursus en comptabilité et ses aspirations personnelles. L’expertise comptable l’attire fortement, « car elle permettrait de mieux comprendre les rouages ». Elle se voit proposer un poste en comptabilité à la COPA, « suit le mouv’ » et accepte. C’était il y a 26 ans.

« J’ai su mettre ma petite pierre à l’édifice »

Au cours de sa carrière, Angèle a été témoin de l’évolution de l’entreprise, tant en matière de modernisation que de développement durable. Le savoir faire traditionnel se voit cadré, depuis 2014, par l’obtention de la certification ISO 22000 – une norme internationale règlementant la filière agro-alimentaire notamment en matière d’hygiène. L’outil de production a été modernisé, la formation adaptée, et la conscience environnementale mise en avant. Bien plus que le tri sélectif, « COPA a su revaloriser ses déchets et économiser en énergie par le biais de panneaux solaires ou la combustion de son suif de bœuf. »

LA METHODE KAIZEN

Pour aller plus loin dans cette démarche de responsabilité sociétale, la COPA a adopté la méthode KAIZEN – du japonais Kai (changement) et Zen (meilleur) – qui consiste à améliorer son environnement de travail par de petites actions au quotidien sans forcément engendrer de coûts supplémentaires. Le but ? Gagner en productivité et en qualité, tout en améliorant les conditions de travail. Bien plus qu’une forme de management, cette méthode est une philosophie. Pour être efficace, elle implique la responsabilisation de chaque employé de l’entreprise, et la prise en considération de ses remarques. Le travail d’équipe prend ainsi une tout autre dimension.

Cette philosophie, ajoutée à l’éthique environnementale de la COPA, n’est pas sans importance dans le bien être d’Angèle dans son travail, et s’y sent comme en famille. Cette amoureuse de la nature nourrie par l’agriculture familiale est fière de participer à de tels changements dans les comportements individuels mais également industriels. Mère de 3 filles en âge de choisir leur voie dans la vie, elle ferait tout pour les armer de connaissances et les soutenir dans leurs choix et dans leur quête de bonheur. « Mettez des couleurs dans vos vies ». Le courage, la persévérance, le respect et la fidélité, sont autant de valeurs qu’elle tient à leur transmettre.

Le message qu’elle aimerait adresser aux générations futures, c’est de ne « jamais oublier d’où on vient, ni où on va, et ce malgré les défis que la vie vous réserve ».

Le temps de cet échange Angèle a petit à petit quitté sa réserve naturelle pour nous ouvrir la générosité de son âme et de sa personne. C’est avec l’œil pétillant qu’elle nous raccompagne pour se replonger dans son univers de chiffres, organisé et méticuleux, où elle se sent si bien.

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Sponsorisé par : Conserverie du Pacifique

Lubomira Ratzova
Rédactrice web

© Photos : Femmes de Polynésie

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