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Carrière

Annick, enseigner une passion !

Publié le 22 janvier 2019

« Quand je serai grande, je serai professeure ». Annick avait 7 ans lorsqu’elle prononce ces mots. Si elle ne saurait expliquer ce choix elle sait aujourd’hui que c’est une vocation, qui lui permet de rendre ses élèves heureux d’apprendre. Femmes de Polynésie vous présente une enseignante passionnée et passionnante.

« Permettre à des élèves d’être heureux » est en soi le propre de l’enseignement, mais dans la réalité des faits, rares sont ceux qui se rendent en cours la joie au cœur. Annick GAURIN-GREVIN a 41 ans le sait pour les voir arriver au Lycée Saint Joseph de Pirae. Depuis 2015 qu’elle y enseigne, elle y partage également sa philosophie de l’instruction.

« Oui, j’aime les défis ! Et celui que je relève aujourd’hui est d’apporter ma pierre à l’édifice de la Polynésie de demain. »

Une polynésienne curieuse de la vie

Native du quartier Here Ai’a, Atiue, à Punaauia, elle vit depuis quelques années à Arue, sa commune d’adoption et son havre de paix et de nature aux portes de Papeete. « Tout feu, tout flamme…et tout bruit » diront ceux qui la connaissent, mais quelques-uns diront aussi clown triste parfois et solitaire souvent.
Née en 1977, elle est fan de disco, de pop, de George Michael tout comme d’Henriette Winkler, d’Esther Tefana, des Barefoot boys et d’Andy Tupaia. Une culture musicale hétéroclite tout comme sa culture littéraire mais pas seulement.

« En 5eme au CES de Faa’a, je lis le Palanquin des larmes de Chow Ching Li qui m’a ému et m’émeut toujours. Je suis aussi friande des œuvres d’Agatha Christie et de Christian Jacq. Ma passion ?  Plutôt mes passions : ma famille, mon métier et les voyages. J’aime cuisiner, chanter avec mes copines et copains de Tahiti Choir School, jardiner, regarder des séries policières surtout britanniques. »

Fruit de l’amour de Jacky, bordelais qui rencontra à Papeete, sa mère, Tapeta Tefau elle-même née à Puka Puka, Annick est la dernière d’une fratrie de 7 enfants et orpheline de père à 7 ans.

«Je n’ai que des bribes de souvenirs de la vie avec mes parents mais ma mère, mes frères et ma sœur ont veillé sur moi et je suis aussi ce que je suis grâce à eux. »

Un cursus scolaire bien rempli !

Etudiante en DEUG à l’UFP, elle poursuit son cursus à Bordeaux III. Le spleen est trop fort, elle revient l’année suivante et valide les derniers UV de sa Licence de Lettres modernes mention Lettres modernes en partie préparée à Michel de Montaigne et la complète d’une Licence de Lettres mention Français Langue Étrangère.

« Je rêvais de travailler en lycée français dans un pays d’Amérique latine. »

Mais Annick découvre sa vocation en effectuant un remplacement au LPP saint Joseph de Outumaoro. Elle abandonne la préparation du CAPES de Lettres modernes et se dédie entièrement à sa bivalence Lettres-Histoire. Titulaire du CAER PLP 2 en 2003, elle y reste 3 ans encore et vient gonfler les rangs du LPP saint Joseph de Pirae.

« En 2010 et durant 4 années, j’enseigne au LPP saint Augustin de Bordeaux. Je réintègre ensuite saint Joseph Punaauia et depuis 2015, j’exerce à nouveau à Pirae. »

Que signifie « enseigner » pour Annick ?

« Je dirai que c’est donner à voir le monde, permettre aux jeunes de découvrir ce qui les entoure en s’efforçant de gommer les préjugés et a priori qui empêchent souvent de comprendre les choses. »

Enseigner, c’est aussi apprendre à se forger sa propre opinion en mettant en balance plusieurs éléments. « Rien n’est blanc ni noir, tout est gris » et pour cela, elle aime à piquer leur curiosité et les amener à prendre conscience que les questions qu’ils se posent, font aussi écho à celles que se sont posées les romanciers, les poètes les peintres, les cinéastes, les sculpteurs ou encore les chanteurs polynésiens et autres graffeurs de la place.

« Apprendre, c’est s’accomplir et s’épanouir et chaque jour, moi aussi j’apprends. »

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément ». Une citation de Boileau qui devrait être écrite en lettres d’or dans les toutes les classes selon Annick.

« Je pourrai y rajouter « la parole est mon travail, la parole est mon royaume », une phrase qui résume bien mon ambition. »

Celle de permettre à tous de maîtriser la parole car maîtriser la parole, c’est posséder le pouvoir. Le pouvoir de s’exprimer, d’exprimer ce qu’il ressent, de se faire comprendre et de comprendre l’autre car rien n’est pire que la frustration. Une frustration qui empêche souvent l’épanouissement scolaire mais aussi professionnel et personnel, amenant souvent une réponse violente là où la parole pourrait désamorcer les tensions. Pour Annick « La parole est un moyen. »

Ce qui intéresse Annick ?

Notre enseignante souhaiterait la mise en œuvre d’un vrai développement durable, d’une politique écologique et sociale efficace. Travaillant depuis peu dans la mention complémentaire Accueil dans les Transports, une formation post-bac au LPP saint Joseph de Pirae, elle est de plus en plus sensible à la promotion du tourisme, secteur dans lequel étudiante, elle a travaillé comme agent d’accueil à l’aéroport et dans les hôtels pour le compte de Tahiti Nui Travel.

« Ma mère m’a transmis la persévérance et un optimisme sans faille même dans les pires moments de notre vie.  Elle a serré les dents et a avancé pour subvenir aux besoins de sa petite fille. Je tiens d’elle aussi un caractère bien trempé. Caractère que je partage avec ma sœur Monique, mes filles Teeeva et Hoani ainsi qu’avec mes nièces Laetitia, Leilanie et Tiare. »


Plus que l’inspirer, beaucoup de personnes l’ont aidé et l’aident à se construire. A commencer par son homme, Nicolas qui l’accompagne, la soutient depuis 22 ans déjà et a fait d’elle, une mère comblée de 3 enfants

Comme elle le disait plus haut, enseigner c’est donner à voir le monde, c’est permettre aux élèves de s’épanouir, de s’accomplir mais ils ne peuvent s’épanouir sans racines bien ancrées dans leur environnement d’aujourd’hui, dans leur culture polynésienne et française et mondialisée.

« La première étant moribonde, iI faut donc soutenir l’apprentissage des savoirs polynésiens et autres connaissances en langues polynésiennes comme on le fait en français, en anglais ou en espagnol et pourquoi pas mettre en place une option polynésienne. Cela permettrait dans un même temps, de rendre notre tourisme encore plus attractif en mettant en avant le rapport à la nature si présente dans les cultures polynésiennes. »

L’amélioration des transports en commun et de la circulation en général sera son dernier axe de réflexion. La fatigue consécutive aux interminables embouteillages et aux réveils trop matinaux empêche la disponibilité physique et intellectuelle de tous et par conséquent, celle des élèves.

« Je conclurai en disant que notre avenir est entre nos mains, il nous suffit de nous bouger, de ne plus nous lamenter sur les constats mais d’agir.  Plantons aujourd’hui les arbres qui donneront les beaux fruits de demain donc au boulot ! Mauruuru roa. »



Leilanie Renouf Gaurin
Rédactrice web
© Photos : Femmes de Polynésie

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