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Carrière

ENTRE ÉTUDES ET TRAVAIL : SE FORMER EN ADÉQUATION AVEC LES BESOINS DES ENTREPRISES

Publié le 29 juin 2019

Combien d’entre nous ont eu la chance de faire des belles études, et une fois diplômés se sont retrouvés bredouille sur le marché de l’emploi, se sont vus refuser des postes par manque d’expérience, ou encore, déçus par la réalité du terrain, ont remis en cause leur formation et ont envisagé de la compléter ou d’en suivre une tout autre ? Outre les aspirations personnelles, entre en ligne de compte la réalité du marché de l’emploi, mais également notre environnement social, nos moyens financiers, et parfois certains événements imprévus qui impactent nos choix.

Le système scolaire nous demande à 16 ans de décider de l’orientation professionnelle que nous donnerons à notre vie – une lourde responsabilité à porter si jeune… Avons-nous le droit de nous tromper, et de rectifier le tir tout en limitant la casse ? Quelles sont les options qui s’offrent à nous dans ce cas ? Qu’en est-il pour les adultes souhaitant ajouter une corde à leur arc dans un domaine où ils ont des lacunes ? Et pour les employeurs qui ont besoin de développer des compétences auprès de leurs salariés ?

Pour y voir un peu plus clair, l’équipe de Femmes de Polynésie s’est rendu au centre de formation Cours Bufflier, et y a rencontré Aurélie Tchung Kun Tai, une des élèves qui nous raconte son expérience personnelle.

UN MARCHE DE L’EMPLOI QUE L’ON NE PEUT IGNORER

« Il existe une réalité du marché qui dicte les besoins en formations : le but est de former des élèves qui trouveront rapidement un emploi. »

Le Cours Bufflier a été créé il y a 48 ans, proposant jusqu’aux années 2000 essentiellement des formations préparant au BAC PRO et BEP comptabilité / secrétariat. Puis, repris en 2006 par Patrick et ses deux associés issus de l’enseignement, il a su évoluer en s’adaptant aux besoins concrets des entreprises locales et au marché de l’emploi dans son ensemble. Et un des besoins premiers des entreprises, c’est l’expérience. Or, comment justifier d’expérience quand on est jeune diplômé ? On peut l’acquérir par le biais de stages, pendant les vacances scolaires – qui donnent un aperçu de quelques semaines au mieux du monde de l’entreprise.
Mais il existe aussi la formation en alternance. Le principe est de travailler en entreprise en tant que stagiaire, tout en continuant sa formation. Au Cours Bufflier, la formule est de 2 jours en classe et 3 jours en entreprise. 3 avantages de poids en ressortent : l’implication personnelle de l’élève dans son cursus, un taux de réussite en forte hausse (75%) et un excellent taux d’insertion professionnelle (85%).

« Quand une entreprise garde un étudiant pendant deux ans en alternance, elle mise un peu sur lui. Et du point de vue de l’étudiant, deux ans passés dans un cabinet comptable par exemple, sur son CV – ça tient la route ! »

L’alternance, c’est l’option choisie par Aurélie, 23 ans. Elle a d’abord suivi et obtenu son BTS comptabilité en 2 ans, et a effectué un stage dans un cabinet comptable libéral. À la suite de cela, Aurélie a été embauchée dans un cabinet d’expert comptable de la place grâce au contrat ACT PRO, car elle a souhaité poursuivre l’alternance en intégrant le DEES Gestion et Management au Cours Bufflier. La mise en application concrète de ses connaissances lui permet de gagner en expérience, mais également en assurance personnelle.

Cette jeune femme à la timidité touchante aime les chiffres, et aussi détecter les éventuelles erreurs. Elle décide de suivre la voie de son papa, comptable. Avec son Bac pro comptabilité, elle souhaite poursuivre en BTS, mais se retrouve sur liste d’attente, car les élèves issus de sa filière ne sont pas prioritaires face aux Bac généraux ou STMG. Le BTS compromis, elle s’inscrit à l’université en vue de décrocher une licence d’éco-gestion, mais au bout de deux ans réalise que ce cursus ne lui convient pas. Elle entend parler du Cours Bufflier par des amis, et est séduite par leur BTS Comptabilité et Gestion en alternance.

« Ce qui m’a plu, c’est la possibilité de se former en alternance, et de pouvoir gagner en expérience et en confiance. Je me suis vite sentie bien ici, toute l’équipe est bienveillante, et le faible nombre d’étudiants par classe est un vrai plus. »

Toutefois, il ne suffit pas simplement de s’inscrire. D’ailleurs, « on ne s’inscrit pas, on présente sa candidature » précise Patrick. Les dossiers sont étudiés, et après une présélection, les candidats sont reçus en entretien individuel pour convaincre de leur motivation – qualité primordiale lorsque l’on reprend des études.

« Quelqu’un qui vient d’avoir son BAC n’a pas du tout la même motivation que quelqu’un qui a déjà expérimenté le monde du travail et qui décide de reprendre ses études. »

La motivation, ce n’est pas ce qui manque à Aurélie. À 23 ans, elle est maman d’un garçon de 7 ans. Elle rencontre l’amour à l’âge de 15 ans, 1 an après Tamakea entre dans leur vie. Bien qu’imprévu, cet événement n’a pas impacté ses choix professionnels, elle est même plus que jamais décidée à réussir dans la voie qu’elle a choisie.

Cependant, sans l’aide de son papa, il lui aurait été difficile de payer les 500.000 FCP par an que coûte sa formation. Et pas seulement… Son papa, c’est son « pilier », pour citer ses mots. Elle a cinq ans quand ses parents se séparent, à l’amiable. Son père aura la garde principale d’Aurélie et de sa sœur, de 1 an son aînée. Il régnera néanmoins un climat d’harmonie, de respect et d’entraide dans les relations qu’entretiennent ses parents. C’est avec beaucoup d’émotion que la jeune femme évoque ce passage de sa vie, et plus particulièrement quand il s’agit de cette figure paternelle aimante, qui a dédié sa vie à ses filles. Aujourd’hui, c’est à lui qu’elle souhaite rendre hommage à travers tout ce qu’elle entreprend, et rien que ça, c’est sa meilleure motivation.

Le cas d’Aurélie est loin d’être un cas isolé, bien au contraire. « Beaucoup d’élèves sont dans sa situation, la vingtaine, jeune mère ou père de famille », nous confie Patrick.

SE FORMER TOUT AU LONG DE SA VIE PROFESSIONNELLE

Parmi les élèves du Cours Bufflier on trouve également une autre population: des adultes qui se tournent vers la formation continue dans le cadre d’une recherche d’emploi, ou en parallèle de leur activité professionnelle.

« On forme des salariés principalement aux outils de bureautique (Word, Excel,…), mais aussi à la gestion, la comptabilité, ou encore aux langues étrangères, ce qui permet de développer des compétences dans des domaines bien ciblés par les entreprises. »

Ce que beaucoup d’employeurs ont tendance à oublier, c’est qu’ils cotisent systématiquement, par le biais d’une partie de leurs charges patronales, auprès du Fonds Paritaire de Gestion. Cet organisme a pour but de rendre accessible la formation professionnelle continue des salariés à travers ses activités de conseil, d’accompagnement et d’organisation des formations. Le développement des compétences des salariés contribue directement à compétitivité de l’entreprise, en lui permettant ainsi d’être en accord avec l’évolution du marché et de ses besoins. Et plus concrètement, le fond finance partiellement ou intégralement la formation des salariés, en fonction du montant cotisé par l’entreprise.
Le Cours Bufflier a également développé un partenariat avec le SEFI pour les formations en apprentissage, à destination des demandeurs d’emploi. Pendant notre entretien, dans une des salles de cours se déroule une formation aux métiers du secrétariat, suivie essentiellement par des jeunes femmes en difficulté, en recherche d’emploi.

« Elles ont besoin de reprendre confiance en elles, en plus d’acquérir des connaissances, afin de mieux aborder leur insertion dans le monde du travail. »

Les dispositifs mis en place par le SEFI, comme l’ACT PRO précédemment évoqué, sont une réelle aide à l’embauche pour les employeurs, mais aussi pour les élèves en formation qui se voient plus facilement accepter en stage en alternance.

Des formations existent sur le territoire, des aides au financement également, quant à la motivation, vous seuls en êtes le maître. Comme le conseillerait Aurélie à tous ceux qui ont envie de reprendre leurs études, « N’hésitez pas ! Pour ma part, ça a été la meilleure décision que j’ai prise après mon expérience à l’université. »

« Il n’y a aucun métier qui n’ait son apprentissage » – Jean De La Bruyère

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Sponsorisé par Cours Bufflier

Lubomira RATZOVA
Rédactrice web

© Photos : Femmes de Polynésie

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