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Culture

Félicienne, passionnée par sa culture.
femme des îles

Félicienne : citoyenne du monde passionnée par sa culture

Publié le 16 janvier 2018

Elle aime son île Hiva oa, la beauté des paysages et des sourires des gens, sa culture marquisienne et les voyages. Félicienne Mataohu Heitaa est une femme active sur de multiples fronts, qui n’a pas peur de s’investir dans ce en quoi elle croit. Femmes de Polynésie l’a rencontrée.

Le parcours d'une « fille des îles qui a réussit »

C’est dans l’île de Ua Huka, du groupe nord des îles Marquises, que Félicienne a vu le jour. Surnommée l’île aux chevaux car on a coutume de dire qu’ils sont plus nombreux que les habitants, la vie y est paisible dans les vallées à la végétation luxuriante. C’est dans un écrin de calme et de verdure que Félicienne a grandi, entourée de quatorze frères et sœurs, et de parents agriculteurs qui font du coprah.

À l’époque, dans les années 60, les enfants vont à l’école des sœurs située sur une autre île, Hiva oa. Félicienne y fait ses classes jusqu’en troisième, part à Tahiti où elle obtient son bac. Par la suite, elle devient institutrice et enseigne à Hiva oa jusqu’en 1999, année où elle prend sa retraite anticipée, entourée de son mari et de ses cinq enfants. Pour elle, une deuxième vie commence, même si elle ajoute : « c’était un métier que j’aimais beaucoup ».

L'Académie Marquisienne - Tuhuna'ea Enata

Le 27 janvier 2000, l’Académie marquisienne – Tuhuna ’Eo Enata, est créée. Il s’agit d’une institution culturelle dont la mission principale est de sauvegarder et d’enrichir le marquisien, langue autochtone. Félicienne fait partie de l’équipe des treize membres qui la composent. Elle se souvient de l’interdiction de parler sa langue natale, le marquisien, lorsqu’elle était écolière. La langue, partie intégrante de l’identité culturelle d’un peuple, doit être sauvegardée. En créant un sentiment d’appartenance fort, elle est indissociable de la pensée dans le sens où elle permet l’expression de la vision du monde d’un peuple.

« Dans ma commission, on va interviewer les personnes âgées, on retranscrit leurs paroles, on fait des livres… »

Chacun a une façon bien particulière d’appréhender le monde qui nous entoure, mais la structuration de la pensée est liée à la langue maternelle. Félicienne, aujourd’hui secrétaire générale de la commission Légendes et Toponymie (l’ensemble des noms de lieux d’une région, d’une langue), se bat pour cette cause qui lui tient à cœur.

La protection du patrimoine culturel Marquisien : Ata Tete O Hiva

Les « Tiki », sculptures en pierre ou en bois représentant habituellement un Homme, véritables emblèmes de la Polynésie, occupent une place importante dans la culture polynésienne d’antan. Les parents de Gaby Heitaa, son mari, vivent dans la vallée de Puamau, où se trouve les plus grandes statues de Polynésie française. On y trouve entre autres « Takaii », un imposant tiki de 2,35 mètres. 

Sur l’île de Hiva oa, de superbes sites archéologiques, témoins d’une civilisation passée riche, doivent être protégés : Félicienne en est persuadée. Autour d’André Huhina, actuel président de cette association, des chefs de troupes de danse, de nombreux marquisiens comme elle œuvrent activement.

La pension de famille « Temetiu Village »

Depuis 1989, la famille de Félicienne gère une pension de famille où douceur de vivre, convivialité et détente règnent. Située dans le village de Atuona, perchée en hauteur et dominant la baie de Tahauku, les six bungalows offrent une vue imprenable sur la Baie des traîtres, le rocher Hanakee et le Mont Temetiu. L’intérêt tout particulier pour Félicienne envers la culture de son Pays est un atout pour les touristes de passage, avides d’anecdotes et d’histoire de l’île dans laquelle ils séjournent.

« Le métier de pension de famille est un peu comme l’école. Au lieu des élèves, on est avec les touristes, cette relation d’être en contact avec les gens et leur apprendre des choses sur notre île. Je ne regrette pas. »

Au contact d’étrangers venus des quatre coins du monde, parfois à la rencontre de l’île de cœur de Paul Gauguin ou de Jacques Brel, parfois à la recherche d’une expérience authentique, Félicienne s’enrichit.

« La nature, la chaleur humaine, la gentillesse, l’authenticité que les gens recherchent. Jacques Brel et Gauguin contribuent beaucoup à ce que les gens viennent. Cela fait un tout. Et puis surtout, la richesse culturelle : archéologique, artisanale, danses… »

C’est la nourriture marquisienne que la plupart recherchent, et sur les tables du dîner, on retrouve de la chèvre au lait de coco, des langoustes, des « mama1 » et des « toetoe2 », du porcelet au lait de coco, du poisson cru à la marquisienne, du « kaaku3 »… Pour le plus grand plaisir des papilles des hôtes !

Félicienne est une voyageuse, elle a parcouru de nombreux territoires au cours de sa vie. Après cette interview, déjà, elle se prépare pour un voyage au Chili avec son mari. Découvrir d’autres pays, d’autres cultures, s’émerveiller des richesses d’ailleurs… Elle n’en reste pas moins passionnée par son Pays :

« Les Marquises c’est fantastique, unique, quelque chose d’exceptionnel ! Je crois à la richesse des Marquises, je crois que les Marquises ont beaucoup d’atouts. »

Pourquoi ne pas y aller faire un tour et juger par vous-même ? Une invitation au voyage…

1 Mollusques marins à coquille aplatie.
2 Crabes que l’on trouve sur les rochers escarpés des bords de mer aux Marquises.
3 Plat marquisien à base de fruit de l’arbre à pain cuit au feu, d’eau et de lait de coco.

Tehina de la Motte
Rédactrice web

© Photos : Femmes de Polynésie

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