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Culture

Hirirau, étudiante piquée à l’eau et à la culture
culture polynésienne

Hirirau, étudiante piquée à l’eau et à la culture

Publié le 15 mars 2018

Hirirau est étudiante à l’IUFM pour devenir professeure d’histoire et géographie. Au cours d’un stage avec Tahiti Héritage, elle se découvre une passion pour la culture polynésienne, l’eau et l’importance de transmettre des savoirs méconnus. Rencontre avec une jeune femme dynamique au sourire contagieux et rempli de joie de vivre.

Une princesse aux multiples talents

Hirirau a grandi à Tahiti entretenant un lien fort pour Takaroa, l’île de son père. Elle est bercée par la légende qui accompagne la signification de son prénom, celle d’une princesse au « prénom très long » qui vivait près d’un arbre aux perles de couleurs différentes. Ces perles étaient sacrées et symbolisaient la multiplicité des facettes d’une même personnalité appelant à l’originalité. 

« Dans ma famille, nos prénoms sont très importants. Mon frère porte le prénom d’un guerrier et ma maman lui rappelle souvent qu’il porte le nom d’un guerrier et qu’il doit se comporter comme tel. »

Pour Hirirau, son prénom l’a poussé à cultiver son originalité, sa force de caractère et un lien particulier avec le sens des mots. C’est cette curiosité intuitive qui la pousse vers la porte d’une nouvelle aventure, celle de la découverte de l’héritage culturel de l’eau.

Île de Takaroa

Un appel du cœur

« Nous devions faire un stage pour notre licence et tout le monde voulait aller à la Maison de la culture… Je voulais faire quelque chose de différent. J’ai découvert par hasard, la légende sur Moeava, une légende qui vient de Takaroa… J’ai su que c’était ça que je voulais faire. »

Hirirau arrive à convaincre l’association Tahiti Héritage et commence son stage où elle vit un changement profond.

« Je me suis aperçue que je connaissais très peu de choses sur ma culture… en particulier sur l’eau. »

L’origine des mots autour de « pape » ou « vai », les nombreuses légendes qui entourent les rivières et les vallées, elle pénètre un monde riche en savoirs et connaissances. 

« Il y a un aspect sacré de l’eau qui existe en Polynésie et que nous sous-estimons… En tous les cas, en tant que jeune femme, j’ai vraiment senti qu’il y avait beaucoup à faire pour transmettre ce lien aux autres. »

Hirirau trouve alors la bonne idée, elle décide de récolter des légendes sur les vallées de Tahiti avec comme point central, l’eau.

La légende de Moeava - © Tahiti Heritage

Raconter l’eau pour comprendre sa culture

Hirirau a les yeux pétillants et confiants. Elle qui touche du doigt le désir de voyager, est profondément animée par la passion d’enseigner afin de partager et échanger des savoirs. En découvrant les nombreuses significations de l’eau, elle a compris qu’il y a encore beaucoup à construire pour partager la culture polynésienne au niveau local.

« Nous avons de nombreux sites… Je pense par exemple, à la Pointe Vénus. Avant, il n’y avait rien pour expliquer le site, maintenant, c’est différent. Il y a tellement de sites où l’on pourrait mettre en place des explications sur le lieu, son nom, son histoire… J’ai eu honte quand j’ai découvert toute la richesse et la diversité des lieux où nous vivons au quotidien… Je me suis aperçue que je ne connaissais rien ! »

Aujourd’hui, Hirirau s’active pour diffuser les fruits de son travail de stage. Après une exposition, une conférence, un livret regroupant ses recherches sur les légendes et l’eau, elle travaille sur de nouvelles idées pour continuer son initiative… Elle pense surtout aux jeunes à qui elle espère enseigner l’histoire et la géographie plus tard. 

« Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’on est autant enseignant qu’étudiant. J’apprends beaucoup au contact de mes élèves et nous avons beaucoup à accomplir ensemble. »

Remplie d’espoirs et d’énergie, Hirirau voit dans son futur métier, une manière de prolonger sa passion pour la richesse culturelle polynésienne… tout en souhaitant l’emmener ailleurs.

« Je ne connais que l’école… Voyager, cela permettrait de voir d’autres cultures et, peut-être, faire rayonner la nôtre. »

Plus d'informations

Sur la page Facebook Tahiti Heritage et sur le site web www.tahitiheritage.pf

Céline Hervé Bazin
Rédactrice web

© Photos : Céline Hervé Bazin, Tahiti Heritage, Wiki Commons

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