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Culture

Jeannette et Ginette, les mamas de Rurutu aux doigts de fées
Association Vahine Manaa

Jeannette et Ginette, les mamas de Rurutu aux doigts de fées

Publié le 8 août 2018

Jeannette Mairau et Ginette Teuhuarii dirigent l’association Vahine Manaa, qui regroupe des artisanes originaires des Australes. Elles perpétuent la tradition du terara’a (tissage manuel) de pandanus et de ni’au. Elles regorgent de créativité afin de produire des chapeaux, des tapis ou des paniers en s’appuyant sur le savoir-faire ancestral de Rurutu. Femmes de Polynésie a rencontré les deux artisanes récompensées pour le plus grand chapeau en pandanus lors du Heiva Rima’i 2018.

La fierté de créer des objets artisanaux dans la plus pure tradition et toujours à la mode

Les deux femmes ont la passion communicative, cela se sent à la lueur qui scintille dans leurs yeux lorsqu’elles vous expliquent les techniques traditionnelles des Australes. Elles maîtrisent à la perfection le tissage de pandanus, de ni’au (feuille de cocotier) ou de fe’i (feuille de bananier).

« Le pandanus chez nous aux Australes, c’est de l’or. A nous de savoir l’exploiter au mieux. Notre secret le mieux gardé, c’est le « poupou ». Ce mot signifie l’organisation en groupe d’une dizaine de femmes pour tisser en groupe et rationaliser le travail. Cela demande une entente et une collaboration parfaites entre nous. »

La force de ces femmes est leur capacité d’adaptation. Tous les ans, elles parviennent à apporter une touche de nouveauté dans leurs créations afin de coller aux dernières modes, toujours à l’écoute des clientes les plus « branchées ».

« Cette année, ce sont les formes arrondies qui ont la côte. Aussi, les chapeaux avec du ni’au mêlés à du pandanus ont un beau succès aussi. C’est important pour nous de rester ouvertes aux nouvelles tendances, et puis ça nous évite de tomber dans une routine, on est en perpétuelle phase d’innovation et de création. C’est vraiment stimulant. »

Le travail sur le pandanus, une mine d'or pour les jeunes polynésiennes

Les deux mamas ne sont pas tendres avec nombre de jeunes femmes qui préfèrent rester à la maison plutôt que de travailler et de gagner leur pain de façon indépendante.

« Aux Australes, beaucoup de filles restent à la maison à regarder des télé-novelas. Elles sont allées à l’école mais ne tirent pas profit de leurs études, elles préfèrent s’occuper du foyer en se reposant sur leurs maris. Il faut se réveiller ! »

Ce qui ressort avant tout, c’est la fierté des deux mamas devant les objets qu’elles ont produit de leurs propres mains à la sueur de leur front.

« Notre travail en tant qu’artisanes nous rend libres, on gagne bien notre vie même si c’est mérité au regard du travail que cela nous demande. Mais c’est un beau travail, et nous en sommes fières. Le pandanus est une mine d’or. Il existe beaucoup d’opportunités pour de jeunes femmes en matière d’artisanat au Fenua, à elles d’être courageuses et de se lancer ! »

L’association Vahine Manaa est présente au Heiva mais également lors de la période de Noël au marché et à la Foire agricole. En outre, la Fédération du Terara’a les invite à participer à une journée de vente à l’Assemblée de Polynésie en début d’année.

« On a l’occasion de beaucoup discuter avec nos clients et de transmettre notre passion autour de nous. Mais on s’intéresse aussi à la cuisine traditionnelle, on applique les mêmes techniques en conservant un savoir-faire traditionnel et en ajoutant des touches de modernité qui tentent de sublimer le plat sans le dénaturer. En cuisine comme en artisanat, sans tourner le dos à la modernité, il faut revenir aux sources pour retrouver notre identité ! »

G. C.
Rédacteur web

© Photos : G. C.

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