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Culture

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Kinny Panades, passion théâtre

Publié le 18 octobre 2018

Si je vous dis « Full Monty », ceux qui ont une culture cinématographique me répondront : chippendales.  Autrement dit une troupe de danseurs masculins payés pour se déshabiller. Et bien la scène du petit théâtre de la maison de la culture sera le temps d’un week-end le lieu de rendez-vous de la pièce « Ladies Night ». Une adaptation signée « Champagne Compagnie, des Idées qui pétillent ». Femmes de Polynésie a rencontré Kinny Panades, en charge de la logistique et de la trame de la pièce. 

Kinny

Kinny, qui n’est pas son vrai nom, est moitié française, moitié espagnole mais sans le caractère espagnol.

« C’est-à-dire je suis très généreuse, gentille, souriante, toujours de bonne humeur et puis la vie est plus simple comme ça. »

Originaire du sud de la France, de Perpignan plus exactement, Kinny est élevée dans les vieilles traditions et pour cause, elle a deux générations d’écart avec son père.

« Je suis née il avait 50 ans, toute ma vie je l’ai entendu me dire « ma fille on ne fait pas les choses comme ça, on fait attention, on ne se tient pas comme ça mais comme ça ». »

La jeune Kinny trouve alors auprès des chevaux des confidents silencieux avec qui elle passe le plus clair de son temps.

« Depuis que je suis toute petite j’ai toujours aimé les chevaux. J’avais 10 quand j’ai commencé l’équitation. Et puis par la suite j’ai remporté des compétitions. »

C’est d’ailleurs grâce à ses fidèles équidés qu’elle rencontre son ex-mari, un polynésien, elle n’a que 17 ans. 1984, ils partiront direction Tahiti pour officialiser leur union. L’année suivante ils posent leurs bagages définitivement au fenua.

« Mes enfants sont nés ici, ils sont partis faire leurs études et sont revenus pour travailler avec leur père. Ils m’ont fait deux petits bouts. Un mélange de tahitien, marquisien et italien, donc tout va bien à la maison. »

Théâtre

La très cartésienne Kinny est comptable. Elle qui se destinait à une carrière de monitrice d’équitation va découvrir le frisson des planches. Et c’est Gérald Mingo, artiste local, qui lui mettra le pied à l’étrier. Kinny découvre le chant et la comédie musicale.

« J’ai commencé par chanter dans les karaokés, les premières fois c’était pas vraiment ça, il me fallait mon petit verre de Whisky. J’ai toujours aimé chanter, j’adore chanter c’était une de mes passions. Gerald cherchait du monde pour jouer Grease. J’ai fait un petit casting à l’Apetahi ! Et ça a commencé comme ça. »

Finis les chevaux, place aux jeux de scènes. Une autre rencontre déterminante va lui insuffler un nouveau cap : Catherine Chanson et Martine Guichard. La naissance d’une belle amitié et d’une troupe « Champagne Compagnie, des idées qui pétillent ». Elles vont ensemble écrire, interpréter et jouer. Chaque année elles organisent jusqu’à une cinquantaine de représentations.

« J’ai vécu des moments émouvants, surtout lorsque l’on a décidé d’ouvrir des ateliers théâtre. Ma plus grande fierté a été d’enseigner cet art à des enfants atteints de trisomie. J’apprécie le contact avec les petits, parce qu’ils ont encore cette naïveté. On a également les ados, qui pour le coup parviennent à saisir l’intérêt de nos pièces classiques. On arrive à les intégrer dans le contexte actuel. »

Aujourd’hui un autre challenge les anime. Elles se lancent le défi d’adapter une pièce : Ladies Night.

« Cette fois ci on ne joue pas, nous nous occupons de la logistique et de la trame de la pièce. La pièce qui normalement se passe en Angleterre on l’a posé dans le nord de la France avec les mines de sidérurgie qui ferment les unes après les autres.  Une bande de potes qui souffre parce qu’il n’y a plus de tunes à la maison, on se trouve confrontés à un monde où il n’y a pas d’argent, il faut gérer une famille, des enfants. Le contexte reste toujours d’actualité. Et la solution que cette bande de potes a trouvée est une idée de génie :  faire du strip-tease. »

Précision : la pièce s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Tout le monde y trouvera son compte. Cela va donc faire 31 ans que Kinny a posé ses bagages au fenua et elle jure ne pas pouvoir la quitter.

« Je suis ravie de me considérer comme polynésienne par mes enfants, par ma fille et mes petits-enfants. J’ai pas mal bourlingué sur le territoire étant donné mon boulot, des jobs où j’ai pu rencontrer des gens formidables, aussi bien locaux que popa’a. J’ai de la famille polynésienne avec Fakarava à qui j’adresse un petit coucou. J’admire la mentalité d’ici, vraiment. »

Plus d'informations

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Kinny Panades

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