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Culture

Natalia, la vie au rythme des to’ere
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Natalia, la vie au rythme des to’ere

Par Camille | Publié le 30 avril 2018

Natalia Louvat est une jeune femme de 19 ans, qui aussi loin qu’elle s’en souvienne, a toujours dansé au rythme de la musique. Danse tahitienne d’abord, à l’âge de 3 ans, puis danse classique par la suite. Moyen d’expression et de communication non verbale, la danse, bien souvent, permet de parler de soi, de raconter une histoire. Femmes de Polynésie est allée à la rencontre de celle qui est tombée dedans toute petite.

Une enfance baignée dans la danse tahitienne

Lorsque Natalia, de maman tahitienne, commence la danse avec Makau Foster à l’âge de 3 ans, elle ne savait pas qu’elle voudrait en faire son métier plus tard. De 6 à 10 ans, des cours de danse classique s’ajoutent à la danse tahitienne. Ses parents lui demandent de faire un choix et c’est le ori tahiti qu’elle retient.

« Makau m’a proposé de faire partie de la troupe Tamariki Poerani. J’avais 8 ans. J’ai dit oui, mais heureusement que mes parents m’ont encouragé et suivi dans cette voie. »

Natalia est tentée par le métier de fleuriste. Sa grand-mère, artiste elle aussi à sa manière, lui transmet son amour pour les fleurs. Les compositions florales des costumes végétaux de la danse tahitienne permettent à Natalia d’exprimer cette sensibilité qu’elle a.

Par la suite, son père lui suggère d’entrer au Conservatoire Artistique de Polynésie Française afin d’obtenir un diplôme. En plus de la danse, elle y apprend à jouer au to’ere.

Natalia aux côtés de sa maman et de son frère

« J’ai commencé à 11 ans le Conservatoire. En mai prochain, je passe mon examen final. »

Au Conservatoire, Natalia apprend des techniques qu’elle ne connaissait pas, dont quelques pas hawaïens.

« J’arrive à faire la différence entre les profs. Certains sont adeptes des pieds serrés, plats, d’autres pas. J’ai appris beaucoup de choses avec Makau, surtout la grâce. »

Avec Makau, Natalia part en tournée en Chine, au Japon, aux États-Unis, au Mexique… À Huahine, Taha’a et Moorea… Et apprend à faire ses costumes et à confectionner des paniers en ni’au. En voyage sans ses parents, elle devient autonome, mais toujours sous l’œil attentif et maternel de Makau.

Une envie d'apprendre pour se perfectionner

Il y a deux ans, Natalia quitte le groupe Tamariki Poerani de Makau pour aller rejoindre Tahiti Ora de Tumata Robinson.

« Je voulais voir autre chose, apprendre encore plus et surtout progresser. Tahiti Ora est un très grand groupe réputé pour leurs Ote’a (danse rapide), et j’avais besoin de progresser dans la vitesse. C’est toujours bien d’aller voir d’autres groupes si tu veux progresser. »

Ancienne costumière des Grands Ballets de Tahiti, Tumata prépare les costumes de ses dix danseuses et dix danseurs. Tous les vendredis soir, le groupe se produit au Méridien. Le mois dernier la troupe est allée au Japon. En Mai, il s’envolera pour Nouméa.

« Tahiti Ora, créé en 2008, a gagné le Heiva en 2011 et 2014. C’est un groupe très organisé, très carré. On a une très bonne chorégraphe, Moena Maiotui. »

Un emploi du temps dédié à sa passion

Depuis qu’elle a eu son bac, Natalia se consacre à la danse tahitienne du lundi au vendredi.

« J’enseigne le ori tahiti à Vital California. Poerava Garrigou, la belle-fille de Tumata Robinson, qui a l’école de danse Ori Hei, y dispense des cours pour les enfants les mercredis et vendredis après-midi. Tumata a pensé à moi comme assistante. »

Natalia apprend comment on gère une école, comment enseigner.

Avec une amie lors du tournage pour le clip de vaa
Avec une amie lors du tournage pour le clip de va'a © Mel

« Gérer plusieurs personnes en même temps demande beaucoup d’attention. Quand on en a 25 à gérer, c’est un peu compliqué, mais ça se passe bien. »

Entre ses entraînements au Conservatoire, ceux de Tahiti Ora et les cours à Vital California, Natalia consacre beaucoup de temps à sa passion :

  • 3h30 les lundis,
  • 3h les mardis,
  • 4h les mercredis,
  • 1h les jeudis,
  • 4h les vendredis.

Elle a de la chance de pouvoir compter sur le soutien de ses parents.

« Ils ont toujours cru en moi et me l’ont toujours dit : « On sait que tu vas réussir là-dedans ! » »

Son compagnon, danseur lui aussi, partage la même passion qu’elle pour le ori tahiti.

« Lui se projette dans autre chose car c’est difficile d’en vivre. »

En décembre dernier, Natalia a gagné le premier prix d’improvisation des solos lors d’une compétition créée en 2012 par Manouche Lehartel et Tumata Robinson. De quoi la rassurer dans la voie qu’elle a choisi. Sa passion, vous l’aurez compris, elle souhaite la transmettre :

« Pour les jeunes qui ne savent pas quoi faire, venez danser ! Ça occupe et ça canalise, cela nous connecte à notre culture ! »

Tehina de la Motte
Rédactrice web

© Photos : Femmes de Polynésie, Natalia Louvat, Lucien Pesquié, Mel

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