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Culture

Titaua Peu, écriture et création en Polynésie
auteure polynésienne

Titaua Peu, écriture et création

Publié le 28 février 2018

 

Pour célébrer la journée internationale des Femmes, le 8 mars 2018 prochain, l’Association UFFO (Union des Femmes Francophones d’Océanie) a décidé à mettre en lumière 8 Femmes polynésiennes qui se distinguent dans différents domaines d’activités. Ces femmes remarquables par leur personnalité et leur force d’engagement, ce sont nos POERAVA, ou perles précieuses. Pour l’occasion, Femmes de Polynésie s’associe à cet événement qui les met en valeur.

Titaua naît en Nouvelle-Calédonie où sa famille s’est établie au moment du boom du nickel. Alors qu’elle est âgée de 2 ans, sa famille décide de rentrer définitivement au fenua, et s’installe à Papeete, quartier de la Mission.

Elle effectue sa scolarité à l’école des sœurs de la Mission, puis au collège La Mennais et enfin au Lycée Paul Gauguin où elle obtient en 1994, son Bac A, l’équivalent aujourd’hui du bac littéraire. Après des études supérieures à Paris, elle revient en 2002 à Tahiti et travaille un temps dans le journalisme et la communication. Elle est actuellement agent de la commune de Faa’a.

La société polynésienne au cœur de ses romans

Son premier roman « Mutismes » est publié en 2003 par la maison d’édition « Haere Po ». Alors âgée de 28 ans, elle devient la plus jeune auteure du Pacifique. « Mutismes », c’est d’abord « le manque de paroles dans les familles tahitiennes, responsable de frustrations et de conflits ». Mais c’est également « le mutisme que le Polynésien ignore, c’est-à-dire les conditions historiques dans lesquelles il est devenu français ». Les non-dits durant son enfance, son adolescence puis durant sa vie de femme sont des événements douloureux pour l’écrivaine.

13 ans plus tard, en 2016, elle publie son deuxième ouvrage « Pina », aux éditions « Au vent des îles ». Dans cet ouvrage, elle dénonce les violences intra-familiales les plus sordides, mais aussi les violences sociales, politiques d’une société figée, à travers l’histoire « d’une famille, déracinée, déchirée et meurtrie ».

Le jeudi 30 novembre 2017, « Pina » remportait à Paris le prix du meilleur roman populiste, le « Prix Eugène Dabit ».

Une plume engagée

Ce qui motive Titaua à s’engager et agir, c’est l’injustice sociale. Elle ne peut concevoir son engagement d’artiste-écrivain sans un engagement en faveur d’une société équitable et libre… Justice qui pour elle inclut aussi le droit, pour un peuple, à être souverain chez lui.

Curiosité et entêtement font sa force de caractère. Elle a très tôt épousé les combats de  nombreuses figures féminines et féministes – mais pas exclusivement – telles Angela DAVIS, Rosa PARK, les auteures Toni MORISSON, Chantal SPITZ ou Hannah ARENDT… Cependant elle avoue puiser encore son inspiration et sa détermination dans le parcours et la vie de sa propre mère.

Les plus grands obstacles qu’elle ait rencontrés et rencontre encore dans son propre pays, c’est d’abord « l’auto ségrégation », une certaine « mésestime » de nous-mêmes qui nous fait penser : « Plus tu es « noir (Kaina) », moins tu mérites la réussite… ». Elle estime que : « Être une femme, sans nom, sans origine sociale a été à la fois un obstacle et… un moteur », pour elle. 

Son rêve ? Pouvoir se consacrer exclusivement à  l’écriture car elle a encore beaucoup à dévoiler de son pays… 

En message pour l’avenir qui donne du sens à son action, Titaua clame haut et fort de « Ne jamais laisser les autres te définir, t’enfermer… ».

C’est pourquoi Titaua est une perle précieuse !

Armelle Merceron
Rédactrice web

© Photos : Titaua Peu

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