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Tumata, le numérique au service de la tradition !

Publié le 18 mars 2019

Tumata Vairaaroa a 28 ans, elle a pour valeurs : la santé, l’amour, le partage, la connexion, la compétition, la réussite, la passion, la gratitude, la créativité, l’excellence et la satisfaction. Une tourbillonnante personnalité avec Une ambition : Ouvrir une école de danse en ligne. Femmes de Polynésie vous en dit plus.

« Je visais le métier d’enseignante »

Tumata a baigné dans l’Amour et le partage, familial d’abord avec ses parents et amical ensuite avec son groupe de danse. Une connexion dont elle apprécie le rapport à l’autre et les qualités des personnes avec lesquelles elle interagit. Elle dit privilégier l’intégration de nouveaux danseurs et tisser facilement des liens avec les étrangers venus s’initier à nos danses. Rien pourtant ne la destinait à enseigner sa culture. Diplômée de gestion et comptabilité elle voulait professer.

« Je visais le métier d’enseignante »

Faute de pouvoir le faire, elle enchaîne les petits boulots sans vraiment trouver celui qui lui convient. Tour à tour assistante comptable stagiaire à la Banque de Tahiti, professeure des écoles stagiaire, assistante de direction à la Brasserie de Tahiti, formatrice en gestion et comptabilité des Petites et Moyennes Entreprises à la Chambre de Commerce de l’Industrie, des Services et des Métiers. Mais Tumata ne trouve pas sa voie.

Ecole de danse en ligne

En 2017 elle pense toucher du doigt son avenir professionnel avec l’élaboration du projet d’école de danse en ligne.

« Je cible les danseurs locaux et étrangers. La finalité sera d’accueillir les élèves étrangers pour un séjour à Tahiti. Je leur proposerai, entre autres choses, de visiter les sites culturels. »

Le site donnerait des cours de danse sous forme de vidéos, offrirait un service de tournage de vidéos in situ en direction des danseurs étrangers, et un service de confection des costumes végétaux. Une attention particulière serait apportée aux compositions musicales utilisées sur le site : elle favoriserait les nouvelles compositions dont elle aurait l’exclusivité. Les paroles seraient écrites en différentes langues afin de faciliter la compréhension et par extension l’interprétation des danses.

Partager une partie de notre culture

Une idée qui ne date pas d’hier. Tumata a longtemps éprouvé le besoin de partager ses connaissances et son savoir-faire mais elle n’avait jamais vraiment réfléchi au moyen de le faire. Il aura fallu qu’elle se retrouve sans emploi pour se pencher plus sérieusement sur la question.

« L’an dernier, j’ai eu l’occasion d’accompagner des amis dans différents groupes de danse et cela m’a permis de constater, par exemple, la difficulté qu’avaient les danseurs à réaliser leurs costumes. J’ai pris conscience qu’il fallait leur donner des astuces et des informations pour leur simplifier la tâche et surtout permettre une économie de temps, d’énergie et de matériaux. »

Cela lui a donné l’idée de faire des tutos en vidéos, qu’elle diffuse sur sa page Facebook. Un autre exemple concerne les pas de danse : elle constate souvent que les danseurs étrangers sont très impliqués dans leur formation mais ils manquent de possibilité d’évolution dans leurs pays ce qui les amènent à rechercher cela à Tahiti.

« Ce que je veux, c’est leur apporter à la fois la technicité qui leur manque encore et surtout les amener à enrichir leur interprétation avec de l’émotion. C’est ainsi que j’ai trouvé l’idée de concevoir un site internet. »

Le projet est à l’état embryonnaire mais à court terme elle souhaite continuer de diffuser des vidéos sur la confection des éléments des costumes. L’objectif étant de faire connaître le projet pour attirer les danseurs étrangers à Tahiti. Devenir une référence en matière de danse et de confection de costumes en quelque sorte.

Le but de Tumata est d’amener les gens à « ressentir » leur danse et à l’interpréter en fonction de leur ressenti. Cela va plus loin que la simple exécution d’une chorégraphie. L’idée est de favoriser l’évolution de la personne, qu’elle soit débutante ou confirmée.

« Je ne suis pas contre le fait que des étrangers enseignent la danse ou quoi que ce soit d’autre lié à la culture polynésienne et certains le font très bien. Je pense que ce qui est important est que ce partage se fasse dans le respect de la tradition polynésienne. Maintenant, c’est quand même mieux que ce soit une polynésienne qui enseigne tout cela ! »

Lors des voyages avec son groupe de danse, elle a eu l’occasion de partager ses connaissances dans des « workshop ».

« Je le faisais avec plaisir, mais à l’époque, je n’avais pas encore envisagé mon projet. C’est donc une possibilité. Mais je souhaite surtout que ce soient les danseurs étrangers qui viennent sur Tahiti. »

La Polynésie, un écrin qui fait toujours rêver

D’autant que lorsqu’il est question de promouvoir le ‘Ori Tahiti, la Polynésie comme écrin reste très vendeur.

« Quand une danseuse américaine vient me voir pour que je la filme en train de danser dans un décor naturel de notre île, je peux vous dire qu’elle repart heureuse et fière. Et je sais que grâce à cette danseuse, ce sont des centaines, voire des milliers d’autres personnes qui verront sa vidéo et qui rêveront du jour où ils viendront danser près des cascades de Tahiti. »

Oui, Tumata en est convaincue. Elle revendique ses origines polynésiennes et la culture de ses ancêtres. Elle veut devenir LA référence en termes de supports vidéo relatifs au Ori Tahiti. Celle pour qui la femme polynésienne est simple, active et authentique affirme qu’elle est ce qu’elle est, sans chercher à paraître.

Elle souhaiterait d’ailleurs que toutes ces femmes inspirantes vivent de leur passion et d’ajouter « qu’il faut qu’elle travaille réellement ». Par travailler « réellement » elle précise qu’un travail réel, c’est celui que l’on fait avec passion, avec plaisir, avec amour.

« Quand on est dans un bureau ou sur un poste de travail toute la journée, sur quelque chose que l’on n’aime pas forcément faire, au bout du compte, on n’a pas pris beaucoup de plaisir. Après, on se sent mal, on ramène ce mal-être à la maison et ça finit mal. Alors que quand on travaille sur ce qui est sa passion, on est toujours heureux, malgré les obstacles. Et à ceux qui disent que ce n’est pas toujours possible de vivre de sa passion, moi je réponds que c’est possible, mais il faut y réfléchir, il faut trouver des idées, prendre le temps de chercher comment aider les autres et répondre à leurs besoins. »

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Tumata Vairaaroa

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