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Évasion

Karel, un pas de danse AFRO’K ?

Publié le 1 juin 2019

Connaissez-vous le Gwoka, cette danse originaire de la Guadeloupe, accompagnée de chants et de rythmes envoutants des percussions? Karel-Yohanna LARA l’enseigne depuis peu dans la salle TAMARIKI POERANI, au centre-ville de Papeete. Femmes de Polynésie a poussé les portes de son école AFRO’K et a fait la rencontre d’une personne riche en cultures.

Origines antillaises

La première chose qui nous frappe lorsqu’on rencontre Karel, c’est son sourire ! Arrivée à Tahiti à l’âge de deux ans, elle a fait une partie de sa scolarité ici : Toata, Pomare, Taaone, l’UPF, avant de s’envoler pour la Métropole, puis le Canada pour poursuivre ses études. Cette Antillaise de Guadeloupe a été élevée avec son frère par une mère enseignante, professeur de français.

« Je suis fière de ma famille et tellement fière de ma mère, c’est un modèle. Elle est toujours là pour moi, toujours de bon conseil. »

La tête pleine d’idées, Karel emploie le plus clair son temps à les concrétiser. Aujourd’hui elle est enseignante, mais par le passé elle a côtoyé à beaucoup d’autres domaines : La gendarmerie, les assurances, le secrétariat médical, le service dans un fast food, le tir au revolver, de la Kizomba (une danse latine), et compte se lancer dans la peinture… Mais tout cela manquait de stabilité.

« Pour enseigner il me fallait des diplômes et un concours. J’avais fait de nombreux remplacements dans les écoles, et ce métier me plaisait bien. J’ai été à Toulouse et au Québec pour faire mes études. Je suis donc titulaire à ce jour de deux masters. Mais on apprend tous les jours. »

Une femme super active

En parallèle de son métier, Karel est auteure de sept romans. Avec un ami, Sandro Ly, ils ont monté l’association Kulture’aile afin de partager leur amour pour l’écriture, mais aussi le tournage. Ils ont des projets d’écriture, mais elle restera discrète sur ce sujet. Animatrice sur la radio adventiste LVDL, elle écrit aussi pour le site Fréquence Chrétienne des articles pour partager sa foi. Une foi qu’elle met en pratique en devenant Marraine auprès des enfants du Fenua, et en se formant au langage des signes français.

« Je suis une femme active et j’aime tout ce que je fais, cela demande du temps et une bonne organisation, mais j’y arrive. »

Il faut chercher auprès des grands auteurs français pour comprendre son univers de femme engagée. Tout d’abord Victor Hugo, qui à ses yeux représente un grand homme de lettres, poète, dramaturge, prosateur, romancier et dessinateur romantique français. Vient ensuite Rosa Park, qui refusa de céder sa place dans un bus à un Blanc pour aller s’asseoir au fond, comme le lui imposait la loi en vigueur aux Etats-Unis d’Amérique.

« J’aime aussi Martin Luther King, Nelson Mandela et Tommie Smith, et puis j’aime beaucoup La Mulâtresse Solitude qui est une figure historique de la résistance des esclaves noirs de la Guadeloupe. Elle fait partie des femmes dites « fanm doubout » (qui se traduit par femme debout, femme forte en créole). Je me décris moi-même comme ce genre de femme solide. Et pour finir, Barack Obama, premier président noir en Amérique. »

Une femme sur tous les terrains

Elle ne se borne pas à un avenir immédiat, car à plus ou moins long terme, Karel se voit mariée et maman de quatre adorables enfants. Elle serait professeur spécialisée pour les enfants sourds, titulaire d’un doctorat, toujours auteure, et pourquoi pas avec quelques-uns de ses romans adaptés au cinéma. Elle se voit aussi donner des cours à l’université.

Ambitieuse, appliquée, combative, communicative, courageuse, débrouillarde, drôle, dynamique, impulsive, indépendante, inspirée, leader, méthodique mais aussi émotive, hyperactive, impulsive, maniaque, et solitaire, c’est à peu de chose près le patchwork d’adjectifs qui qualifient Karel.

Avec ce talent certain de manier le verbe, qu’a-t-elle fait de plus incroyable par amour ? Elle répond qu’à une époque, elle était naïve et romantique. Elle a fait beaucoup de folies en amour, mais cela lui a permis de grandir.

« Lisez mon roman « Mana » pour en savoir plus ! Car si j’étais un homme le temps d’une journée, je serais un gentleman, me montrerais galant avec les femmes rencontrées au cours de cette journée. »

Si les cafards peuvent lui gâcher la vie, Karel rêve de partir en Inde, et aurait aimé pouvoir se dire à 20 ans : « Karel-Yohanna, fait des études tout de suite, ne perds pas ton temps avec certaines personnes. Tu y arriveras, tu es une femme forte. »

Aujourd’hui, elle renoue plus que jamais avec ses origines et ses idéaux en enseignant le Gwoka. Au-delà d’un simple courant musical, c’est un des éléments les plus représentatifs de la culture guadeloupéenne, qui, à travers l’expression corporelle, a incarné la quête de liberté et de dignité humaine en plein esclavagisme au 17ème siècle. Si elle avait un message à nous adresser, ce serait : « Soyez vous-mêmes, les autres sont déjà pris… et puis demain sera toujours meilleur qu’hier. »

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Page Facebook : Afro’k

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Femmes de Polynésie

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