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Pathy, artiste photographe Rapa Nui
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Pathy, artiste photographe Rapa Nui

Publié le 6 juin 2018

Pathy Hucke Atan, native de Rapa Nui (l’île de Pâques), vivait en France lorsqu’on lui diagnostique une maladie rare menaçant de la rendre aveugle. Son envie de revoir son île natale se fait alors urgente. Une fois à Hanga Roa, Pathy se ressource et se met naturellement à la photographie. Femmes de Polynésie l’a rencontrée chez elle pour échanger sur sa vision de l’île, l’inspiration qu’elle tire des Moaï et ses souhaits pour la jeunesse polynésienne.

Une renaissance polynésienne à travers la photographie

Pathy est une femme polynésienne, une Rapa Nui. Elle est née et a grandi non loin du célèbre site des 15 Moaï à Tongariki. Sur ce bout d’île paradisiaque qui fascine les archéologues de la planète, son enfance est un cauchemar. Maltraitée et abusée sexuellement par un proche, elle ne pense qu’à quitter son île. À 20 ans, elle rencontre un français et s’envole pour la France. 

« Quand je pensais à Rapa Nui, je ne faisais que pleurer. Alors je me suis adaptée à 100%, je suis rentrée dans le moule français et j’ai enfoui au fond de moi mon identité Rapa Nui. »

Pathy est une femme forte et indépendante. Elle s’intègre, gagne sa vie et devient française. Elle élève ses enfants et travaille en tant qu’assistante maternelle puis responsable d’entrepôt. Sa vie suit son cours. Son île lui manque mais elle la refoule. Elle en vient même à oublier les noms des villages et des clans de Rapa Nui. 

Un jour, tout bascule lorsqu’elle est diagnostiquée d’une maladie rare qui atteint les capacités visuelles. Elle risque de perdre la vue.

« Ma maladie a été l’élément déclencheur. Je me suis battue contre elle et je me suis envolée pour Rapa Nui. La vie est trop courte, il fallait que je la revoie de mes yeux. »

Faire connaître la magie visuelle des crépuscules de Rapa Nui

À son arrivée, Pathy part des jours entiers arpenter l’île à pieds avec son appareil photo et le besoin d’absorber les paysages, les gens, les sites anciens.

En 2015, elle transforme l’essai et crée l’agence « Rapa Nui Magic Visual Official » qui propose des films de drones et des photographies inédites des sites connus comme des lieux plus secrets de l’île. Elle fait les choses dans les règles et obtient un droit de survol en drone par le Parlement Rapa Nui. Le succès est immédiat : les contrats s’enchaînent avec France O, Alif Production, l’émission « Faut pas rêver » ou encore pour le bateau d’expédition « Tara ». 

Très sensible à la protection de l’environnement, elle travaille également pour l’association « Te Mau o Te Vaikava o Rapa Nui – Mesa del Mar » et son opération « No más plasticó en Rapa Nui » en photographiant les déchets plastiques qui viennent s’échouer sur les côtes. 

« J’essaie de transcrire dans mes photos et mes films ma vision de Rapa Nui. Je m’investis totalement, j’y mets toute ma personnalité. D’ailleurs, quand j’ai ma caméra avec moi, mon compagnon se plaint : je n’ai d’yeux que pour elle et le paysage qui m’entoure ! »

Sa spécialité, ce sont les crépuscules de Rapa Nui quand le soleil vient se coucher derrière les Moaï du site de Tahai sur la côte Ouest. À l’instar d’un peintre, elle joue sur la palette de couleurs chaudes qui composent le ciel. Son projet est de développer sa marque « Rapa Nui Magic Visual Official » à partir de l’encadrement de ses clichés et de produits dérivés (mug, t-shirt). 

« Je suis arrivée à la photo par la peinture. Je compose mes photos par le cadrage mais surtout par les couleurs. Et comme je suis Rapa Nui, j’ai une façon différente d’un photographe occidental de ressentir un coucher de soleil sur les sites de mes ancêtres. Tout cela me donne un style particulier je pense. »

Outre son travail en tant que photographe, Pathy est également guide et accueille avec une générosité sans pareille les visiteurs de passage sur son île sur laquelle elle aimerait voir plus de médecins. Elle voyage également beaucoup en France pour aller voir ses enfants dont sa fille qui est hôtesse à Air France et qui vient d’avoir des enfants, faisant d’elle une jeune grand-mère. Elle sillonne également le triangle polynésien jusqu’à la Nouvelle-Zélande en passant par Tahiti à la rencontre de ses sœurs polynésiennes.

« Nous, les femmes polynésiennes, on est fortes et indépendantes. On se laisse parfois entretenir par facilité par notre mari qui fournit poisson et taro. Mais il faut avancer dans la vie et gagner son pain soi-même. »

Plus d'informations

Sur la page Facebook de Pathy : Rapa Nui Magic Visual Oficial

G. C.
Rédacteur web

© Photos : Rapa Nui Magic Visual Oficial

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