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Évasion

Virginie, voir et dire le monde
jeune réalisatrice

Virginie, voir et dire le monde

Publié le 9 avril 2018

Jeune réalisatrice sérieuse et engagée, figure montante du fenua avec dans ses réalisations, le court-métrage « E Ario’i vahine ». Femmes de Polynésie a rencontré Virginie Tefoota, une professionnelle passionnée qui pose son regard sur sa Polynésie pour mieux la transcender.

Virginie et Teiva

Une voie toute tracée

« Depuis toute petite, j’ai envie de faire des films. Bien sûr, je ne l’ai pas tout de suite dit à mes parents. »

Aimantée par l’image, Virginie a des souvenirs d’une enfance passée à regarder des films en boucle afin de décortiquer les images, le son, les histoires et les personnages. Un peu avant de passer son baccalauréat, elle décide de se lancer vers cette voie qui l’appelle. Elle n’arrive pas à rentrer à Louis Lumière car « mes résultats sont arrivés trop tard pour passer le concours ». Elle décide alors d’intégrer l’ISEPP en Licence d’Information et Communication, ce qui lui permet d’acquérir une première approche de la communication et de son futur.

Virginie et sa caméra

« De ma promo, on est au moins 5 voire 7 à travailler dans l’audiovisuel aujourd’hui que ce soit en chaînes de TV ou en boîtes de production. »

Diplômée, elle réussit le concours pour entrer dans une des vingt plus grandes écoles du cinéma au monde et s’envole pour l’Australie avec pour destination, le Victorian College of Arts. Elle continue sa formation autour du monde en masterclass de direction de la photographie à l’ASC de Budapest en Hongrie, sous l’égide de Vilmos Zsigmond.

« J’ai pu voir tous les aspects des métiers de l’audiovisuel, de l’image au son, en passant par le script, le décor, la production… C’était passionnant et formateur. C’est là que j’ai produit et réalisé mon premier court-métrage, E Ario’i vahine. »

Avec ce projet, Virginie entre dans le vif du sujet de la réalisation.

Juliette Tauira

Porter la voix de la culture polynésienne

« E Ario’i vahine raconte l’histoire d’une jeune femme qui appartient aux Ario’i et qui tombe enceinte alors que c’est interdit. »

Virginie tourne son film avec une équipe de 15 techniciens locaux et raconte le destin de Poeiti, magnifique danseuse qui décide de sacrifier son enfant pour continuer son rêve au sein des Ario’i. Virginie pose une question simple : jusqu’à quel point peut-on être femme et respecter les codes de sa culture ?

Puissant et touchant, le court-métrage reçoit de nombreux prix à l’international et continue encore aujourd’hui, d’être diffusé dans de nombreux festivals partout dans le monde. Pour Virginie, ce film est un premier pas vers son objectif : elle souhaite réaliser des films dédiés à la culture polynésienne.

« J’ai travaillé entre Paris et Barcelone pour de nombreuses productions télévisées… J’ai réalisé que je n’apprenais pas, que je ne transmettais rien… Je suis rentrée en Polynésie pour explorer ma voie. »

Tournage à Paris

Ouvrir des regards sur le fenua

« Je suis revenue en 2015 et j’ai repris ma patente. J’ai fait un clip pour le groupe Vaiteani, participé au dossier pour le classement du marae de Taputapuatea à l’UNESCO, au tournage de Point Break, du Label Hina… J’ai réalisé deux clips pour Pepena et Pari Pari Fenua, une série de docu-fictions… »

L'équipe de Label Hina, © Archipel Production

Portée par le dynamisme de vivre sa culture et de la traduire en images, Virginie poursuit son chemin.

« Quand j’ai diffusé E Arioi Vahine en 2009, des personnalités de la culture polynésienne sont venues m’interroger… J’ai compris combien il pesait des interdits dans notre société polynésienne moderne et combien nous avons besoin de parler de notre culture. »

Pour concrétiser ses rêves, Virginie a créé AHI COMPANY avec deux acolytes, Maruia Richmond et Teiva Drion. Tous les trois sont convaincus de l’importance de revenir aux sources qui font la culture polynésienne tout en intégrant les changements et la modernité de la société d’aujourd’hui.

« Il y a tellement à faire. Pour moi, finalement, le pire, c’est le silence… Ce qui tue une culture, c’est son silence. »

Convaincue, à l’écoute des enseignements traditionnels et ouverte sur le monde, Virginie œuvre pour faire revivre sa culture à la croisée entre les mondes, les générations… pour porter un regard sur des histoires à la fois plurielles et singulières en lien avec notre culture.

Céline Hervé Bazin
Rédactrice web

© Photos : Virginie Tetoofa

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