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Alice, les aventures d’Idea’lys

Publié le 18 décembre 2018

Nous avions déjà rencontré Alice Rouget-Clairotte au sujet de son engagement pour la défense de la cause animale (1). Aujourd’hui Femmes de Polynésie la retrouve pour une autre activité de cette femme de convictions : une démarche éco-citoyenne qui la conduit à fabriquer des accessoires « zéro déchet »…

2018, ANNEE DES ASSOCIATIONS ECO-CITOYENNES

Alors que l’année 2018 s’achève, l’heure des bilans est arrivée. L’une des préoccupations mondiales majeures c’est bien entendu l’environnement. On ne compte plus les reportages sur la pollution, les images sur les ravages du plastique dans les écosystèmes avec des images effrayantes et à peine croyables qui circulent sur les réseaux sociaux.

A Tahiti comme ailleurs, ces préoccupations existent amplifiées par des phénomènes climatiques qui nous concernent plus spécifiquement, comme la montée des eaux pour nos nombreux atolls. Et, en Polynésie, on a vu en 2018, poindre de plus en plus d’initiatives citoyennes, par le biais d’associations ou de bénévoles isolés.

C’est ainsi que le collectif NANA SAC PLASTIQUE multiplie les actions et obtient des résultats avec ses solutions de substitution qui sont adoptées par un nombre croissant de commerçants; que l’on trouve de plus en plus de magasins proposant des solutions alternatives pour limiter les emballages plastique ; qu’une épicerie propose des produits en vrac permettant d’éviter le gâchis en n’achetant que ce dont on a besoin ; et que des clean-up days se multiplient à l’initiative d’associations, de collectifs ou de paroisses.

Et c’est dans ce contexte et cet esprit qu’Alice se fait aujourd’hui connaître.

« En Polynésie, on voit facilement l’impact des questions environnementales »

Comme le dit Alice, le fait de vivre sur une île en Polynésie, à Tahiti ou ailleurs, nous amène à comprendre de manière très concrète d’où vient notre électricité, notre eau. Du coup, on est obligés, par la force des choses, à faire plus attention à tout. Tout prend un sens et on mesure l’impact immédiat lorsqu’il y a une pollution dans une rivière, un lagon, ou qu’il y a une coupure d’eau.

« j’ai changé un grand nombre des mes habitudes »

Alice s’est mise à faire son propre compost, à cultiver chez elle des courgettes, des tomates, des aubergines, des herbes aromatiques, qu’elle utilise et déguste avec cette satisfaction particulière que l’on a quand il s’agit de sa propre production domestique.

Ses trois enfants ont été sensibilisés à toutes ces questions. Son fils aîné est très impliqué sur ces sujets et il n’est pas toujours compris par ses camarades d’école mais il assume fièrement ses choix. Alice se souvient de sa fille d’un an et demi se régalant en mangeant des tomates cerises de son jardin.

« on doit s’émerveiller des choses simples »

Là aussi, avec ses trois enfants, elle savoure les bonheurs que lui procure la nature, et il lui arrive de rester contemplative et admirative devant un ciel rose au moment du soleil couchant. Selon Alice, le monde manque de bienveillance…

« je voulais trouver des solutions pour proposer des accessoires zéro déchet »

Et dans ce contexte de prise de conscience sur la société de consommation et les impacts sur l’environnement, Alice s’est mise à réfléchir à ce qu’elle pourrait trouver comme solutions alternatives pour des gestes et des choses simples de la vie quotidienne, dans un esprit de développement durable et une philosophie zéro déchet.

« mon premier article : le protège plat »

Alice élabore un protège plat en tissus, lavable, réutilisable, destiné à remplacer les films plastiques ou le papier d’aluminium. Pratique et joli, avec des tissus locaux. Et lors du premier ramassage de déchets organisé par l’incontournable collectif NANA SAC PLASTIQUE, des ateliers sont proposés pour sensibiliser la population à toutes ces questions environnementales.

Alice contacte Moea, du collectif (2), pour lui proposer d’animer un atelier où elle expliquerait le principe de son protège-plat et comment le faire soi-même. L’atelier se monte et les visiteurs sont intéressés par cette solution toute simple dont tout le monde est instantanément convaincu.

Au point, d’ailleurs, qu’on lui demande si elle les vend ses protège-plats. Sauf qu’Alice n’avait pas anticipé cette question, elle n’avait pas réfléchi et n’avait pas de stock ! Elle décide donc de suivre les signes et se met à en fabriquer pour les proposer à la vente.

LA NAISSANCE D’IDEA’LYS

Et comme Alice fourmille d’idées du même genre, elle décide de s’organiser, de se structurer et se trouve un nom commercial pour sa production : Idea’lys. Elle ouvre sa page facebook (3) et expose ses produits qui se diversifient : beeswraps (tissus cirés pour les aliments), filtres à café, sacs à pain, lingettes démaquillantes, sacs en vrac pour fruits et légumes… des articles qui, comme le dit Alice, nous permettent de réaliser tout ce que l’on ne jette plus.

« on a tous un rôle à jouer à titre individuel »

Tous ces produits sont bien entendu lavables, réutilisables et se substituent à des produits équivalents jetables et polluants. Comme le dit Alice, on peut tous participer à notre niveau à la préoccupation écologique mondiale en agissant par ces simples gestes à notre portée.

Cela rejoint aussi la philosophie de Pierre Rhabi avec le mouvement colibri : ce petit oiseau qui jetait des gouttes sur un incendie, geste isolé bien ridicule mais efficace si tout le monde faisait pareil.

Alice fait partie de cette chaîne de citoyens qui s’engagent dans les démarches éco-citoyennes et la situation alarmante de la planète semble lui promettre un bel avenir. C’est en tout cas tout le mal qu’on lui souhaite !

Laurent Lachiver
Rédacteur web

© Photos : Laurent Lachiver et Ideal’ys

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