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Maison & Famille

Maeva, maman-courage pour enfants de la Presqu’île

Publié le 14 juin 2019

« Un enfant avec des ennuis de santé nécessite une attention de tous les instants », c’est ce que vous dira Maeva Ellacott. A un moment de sa vie, elle a dû être maman-enseignante pour permettre à sa fille, retirée du système scolaire pour cause de traitement médical lourd, de ne rien manquer de son apprentissage. Femmes de Polynésie vous raconte l’histoire d’une maman pleine de courage qui, après cet épisode de sa vie, a décidé d’ouvrir un centre de soutien scolaire pour les enfants de la presqu’île.

Aloe...

Aloe, fille cadette de Maeva, avait 8 ans lorsque les médecins lui ont diagnostiqué un diabète de Type 1, plus connu sous le nom de diabète juvénile. Il se caractérise par l’absence totale de production d’insuline par le Pancréas – une carence qui oblige le malade à se faire injecter de l’insuline quotidiennement. Maeva se rappelle qu’Aloe « n’avait plus envie d’aller à l’école à cause de ses 4 injections par jour et de la présence de l’infirmière… Elle en avait honte ! »

Enfant surdouée, c’était l’étape où elle passait au collège, «ses hospitalisations à répétitions lui ont fait manquer l’école, donc j’ai fait école à la maison». Fille d’enseignante, Maeva a réussi grâce à l’aide de sa mère. Elle se sent grandie par cette épreuve, et l’idée de créer une structure d’accueil pour enfants en difficulté scolaire commence à germer.

12 ans se passent, Maeva est devenue secrétaire d’administration, et sa famille s’est agrandie avec l’arrivée de Tamahau, 5 ans. Elle réalise qu’elle veut changer sa vie professionnelle, «quitter mes fonctions pour les enfants !». Elle décide donc de consacrer plus de temps à son foyer.

« A 43 ans j’ai de grands enfants qui font leurs études sur la métropole, le fait de m’être séparée ainsi des ainés m’a donné envie de lancer ce projet !»

Kid's Time

Il y a un an et demi, Maeva et son mari ont décidé de se lancer. Ils ont donc monté une structure périscolaire à destination des familles de la presqu’île : « Kid’s Time ».

« Il nous arrive parfois d’accueillir des enfants dyslexiques, qui ont de grandes difficultés à l’école, alors nous nous adaptons à l’enfant pour qu’il aille à son rythme, sans être bousculé dans son apprentissage ».

Et pendant les vacances, ils proposent des activités artistiques et culturelles, comme de la peinture sur paréo ou encore le tressage.

En période scolaire, le rythme est soutenu et les journées peuvent être très longues. Il arrive que certains enfants soient déposés à 4 heures du matin car les parents travaillent à Papeete. Ils continuent leur nuit jusqu’au réveil à 6 heures, puis c’est le petit déjeuner « et on se prépare pour l’école».

A la sortie des classes, à 15 heures les lundi, mardi et jeudi, 11 heures les mercredi et vendredi, les enfants qui n’ont pas de cantine déjeunent au centre. Après une pause, c’est les devoirs pour ceux qui en ont, révisions pour les autres, et des activités Montessori pour les plus petits, niveau maternelle.

Vient enfin le goûter suivi de jeux libres en attendant le retour des parents entre 17 et 19 heures. Au-delà de 18h30 les enfants sont douchés et prennent leur repas à Kid’s Time.

« Ce sont de longues et lourdes journées pour les enfants. On aurait tendance à nous assimiler à une garderie mais ici nous n’accueillons que des élèves scolarisés, en effectifs réduits, entre 8 et 10 enfants. »

Quand passion et job fusionnent…

Et comme si Maeva n’avait pas suffisamment d’occupations, elle a rajouté « artisane » à sa liste non exhaustive de ses jobs. La mère et directrice de centre n’a pas d’autres choix que de laisser le champ libre à l’artisane…

« Difficilement, mais on y arrive, c’est avant tout une passion et on s’organise ! En période scolaire les enfants sont à l’école, j’ai mes journées de libres. Alors je change de casquette pour porter celle d’artisane. »

L’artisanat fait partie de la vie de Maeva depuis sa plus tendre enfance, quand elle a plongé dans l’univers de la danse.

« Cela m’a amené à la confection de costumes, et le fait de créer m’a donné envie de mettre en place des activités artistiques au centre. Il faut créer, innover et pratiquer. »

Cette passion a ses dates clés, comme la Saint-valentin, la fête des mères, des pères, des grands-mères, Noël… et entre elles, l’adepte du pae’ore se consacre à la création et l’innovation. Résultat : en période de vacances, le centre se transforme en structure d’activités de loisirs, culturelles ou artistiques avec des thèmes hebdomadaires, à l’instar de celles proposées en centres de vacances.

« A terme j’envisage même mettre en place des échanges culturels et linguistiques avec nos pays voisins comme Hawaii ou la Nouvelle Zélande. Mais j’avoue que j’ai ma préférence pour les maoris ! On ferait ça tous les deux ans… »

Maeva conclut cet entretien par une pensée émue et une dédicace à ses enfants, Dan, Aloe, Heiva, Leilia et Tamahau, et à sa mère : « Je suis fière d’avoir toutes ses connaissances et de pouvoir les transmettre à mes enfants. A la femme de Polynésie, j’aimerais dire : fais ce que tu aimes, ce qui te passionne et les choses viendront d’elles-mêmes, il suffira ensuite de s’entourer des bonnes personnes ».

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Femmes de Polynésie

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