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Heimiti, une médaille pour une couronne

Publié le 12 juillet 2019

La Polynésie a toujours été un territoire friand d’élections de Miss. Mais l’époque des Miss caricaturées comme « potiches » semble bel et bien révolue. Notre Miss Dragon 2019 illustre bien cette nouvelle génération de jeunes filles belles, cultivées, intelligentes et dynamiques. Heimiti TENG raconte son parcours à Femmes de Polynésie.

Elle s’appelle Heimiti Li Ya’nck TENG. Son prénom chinois signifie « jolie silhouette ». Elle est née et a grandi à Tahiti, avec ses deux frères, dans une famille où tout le monde pratique le tae kwon do, son papa étant entraîneur.

CHAMPIONNE DE POLYNÉSIE

Depuis ses années collège, Heimiti est championne dans ce sport. Elle part en métropole pour ses premiers championnats.

« Je pars en métropole avant mon frère Teddy (1) et je suis médaillée avant lui, devenant vice-championne de France à Lyon, puis j’obtiens ma revanche à Paris, lors de la coupe de France, où je deviens championne de France dans ma catégorie »

Après le Bac, elle retourne à nouveau en métropole pour ses études et continue à pratiquer du tae kwon do dans des clubs universitaires, mais aussi d’autres sports comme la danse, le tai-chi ou la gymnastique, pour découvrir d’autres disciplines. C’est à Lyon, sur les lieux de son premier titre, qu’elle retrouve son frère Teddy, étudiant.

 Elle y restera jusqu’à son Master en Economie Gestion Management. L’année suivante elle part pour le Japon, mais ne trouvant pas de club de tae kwon do elle se replie sur le karaté, discipline privilégiant les poings alors qu’elle est plus douée pour les jambes, ce qui lui apporte finalement une complémentarité.

RETOUR AU FENUA

Après ses études, Heimiti revient au fenua avec son Master 2 en Management stratégique.

« Toutes ces années loin de la Polynésie m’ont donné envie de retrouver mes racines et ma culture aussi bien polynésienne que chinoise, sachant qu’au Japon, j’étais déjà très sensible à la culture asiatique. »

Pendant ses études, quand les gens l’interrogeaient sur ses origines, ils étaient surpris par la réponse « Polynésie Française». Elle leur parlait alors de la communauté chinoise et de cette culture, qu’elle a envie de faire connaître de plus en plus. Et c’est ce qu’elle commence à faire en participant activement aux festivités du nouvel an chinois, en préparant des chorégraphies de danse et de tae kwon do.

« J’essaye aussi, avec mon frère Teddy, de fédérer des jeunes Polynésiens, pas forcément Chinois d’ailleurs, autour du tae kwon do. Certains jeunes de tous horizons qui se cherchent, pratiquent déjà le tricking, mélange de gymnastique et d’art martial, et lorsqu’on les sent motivés, on leur propose de venir se joindre à nous pour pratiquer ensemble le tae kwon do. »

Cette nouveauté dans les démonstrations du nouvel an chinois a rencontré un grand succès.

HEIMITI, DOUBLE AMBASSADRICE DE LA CULTURE

Heimiti travaille actuellement au service du tourisme. Elle y fait la promotion de la culture polynésienne. En s’inscrivant à l’élection de Miss Dragon, elle y voyait un moyen d’en faire autant avec la culture chinoise, localement, mais aussi à l’étranger, puisque Miss Dragon a ensuite la possibilité de concourir à Hong Kong pour le titre Miss Chinese International.

« Je n’avais jamais pensé m’inscrire un jour à un concours de beauté. J’avais très peu de confiance en moi, physiquement comme dans ce qu’on peut appeler mes qualités, et je n’ai jamais suivi aucune élection de Miss. »

MISS DRAGON

On a du mal à croire Heimiti lorsqu’elle se décrit, adolescente, comme garçon manqué. On critiquait ses muscles, à l’encontre de l’image de féminité, ce qui lui a valu des complexes. La participation à l’élection de Miss Dragon était donc comme un défi, pour prouver que l’on pouvait être sportive, féminine et belle à la fois.

« L’élection me donnait un objectif qui me permettait de vaincre mes doutes et le regard que les gens pouvaient avoir sur moi, et dans la vie, quand j’ai un objectif, je fais tout pour l’atteindre. »

Heimiti n’a pas pour habitude de se maquiller, elle a très peu de robes dans son armoire, aucune paire de chaussures à talons, mais elle fait des efforts. Le point commun des candidates à l’élection était sans doute la volonté de surmonter leur timidité, de se dépasser et, peut-être, de se rapprocher un peu de leurs racines chinoises.

« Le fait de devenir Miss Dragon m’a aidé psychologiquement à mieux m’accepter, et j’ai moins peur d’apparaître dans les vidéos de mon frère youtubeur ou sur des plateaux de télévision. »

Heimiti est particulièrement fière d’avoir réussi ses trois tableaux dans le talent show de l’élection de Miss Dragon : « Je voulais exprimer trois états d’esprit, ou trois personnalités de la femme ». Dans le premier tableau, elle représente, par une danse avec des éventails, la femme féminine et gracieuse. Le deuxième tableau symbolise la femme forte et confiante, qui sait se défendre et qui a des objectifs – le tout représenté par le tae kwon do, chorégraphié par Heimiti et accompagné des jeunes des quartiers. Enfin, le tableau final met en avant la femme actuelle, festive et épanouie, réunissant sur scène les danseuses d’Annie Fayn, des Taekwondoïstes et Tricker, des lions et du dragon.

Les loisirs de Heimiti sont également empreints de culture asiatique. Elle aime la musique de manière éclectique (anglais, français, tahitien, coréen, japonais), la lecture avec une préférence pour les univers de la magie, de la féérie, et des dragons. Elle adore regarder des films ou séries asiatiques, et c’est peu de le dire, car elle a grandi notamment avec les films de Bruce Lee, Jackie Chan, et Jet Li. Lors de l’oral de l’élection, à la question portant sur les personnalités qu’elle admire, elle répond « Bruce Lee et Vaimalama Chaves : deux personnes qui peuvent sembler opposées, mais qui, pour moi, évoquent deux qualités essentielles à mes yeux : la force et l’ambition ».

LE FEMME POLYNÉSIENNE, FRUIT DU MÉTISSAGE

Heimiti ne veut pas faire de distinctions ethniques quand elle parle des femmes polynésiennes. « Chinois, polynésiens et popa’as vivent harmonieusement ensemble et cette diversité fait la richesse de la Polynésie ». Elle pense que la femme polynésienne est de plus en plus forte, active, sportive et travailleuse, peut-être grâce à cette richesse.

RÊVES ET PROJETS

Heimiti se verrait bien créer sa propre entreprise autour du tourisme, de la restauration ou de l’évènementiel… et toucher à différents domaines. Mais notre Miss Dragon a un rêve depuis longtemps : celui « d’ouvrir un petit salon de thé, cocooning et familial, où il ferait bon se retrouver » car, précise-t-elle, elle est gourmande, avec un faible pour le sucré…

On retrouvera Heimiti le 7 septembre 2019 à la salle philanthropique, où elle organise aux côtés de son frère la 3ème édition du « BodyFit Martial Art », avec des ateliers réunissant plusieurs sports et disciplines, des spectacles et des démonstrations.

   Laurent Lachiver
   Rédacteur web

   © Photos : Laurent Lachiver

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