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Mode & Beauté

L’eau de parfum par Lovaïna Guirao !

Publié le 12 octobre 2019

C’est une profession peu répandue en Polynésie, assurément un cas unique : le métier de Maître-Parfumeur, un titre qui évoque un Art, un savoir-faire parfait, une connaissance approfondie, une délicatesse extrême et un talent évident. Lovaïna Guirao présente à Femmes de Polynésie son métier et raconte son parcours.

UNE FAMILLE D’ARTISTES

Lovaina est la fille du parolier-écrivain Patrice Guirao. Tout comme sa sœur Sydelia 1, scénariste et auteure, Lovaina est née à Papeete. Petite, elle s’amusait déjà à composer des parfums pour son entourage et sa famille.

« Vers 6 ans, je prenais de l’eau, je cueillais des fleurs de tiare, je faisais ma petite tambouille, et j’offrais la mixture autour de moi dans des petits flacons que je récupérais ».

Un résultat très éphémère, qui permet à la préparatrice en herbe de comprendre qu’un parfum, c’est un petit peu plus compliqué que de l’eau et des fleurs. Elle cherche à se perfectionner, trouve un magazine expliquant comment fabriquer son propre parfum et se rappelle avoir retrouvé un enregistrement qu’elle avait adressé à sa meilleure amie de Tahiti, lui racontant sa joie d’être arrivée au résultat ce qu’elle voulait.

UNE SCIENTIFIQUE DANS L’ÂME

Voulait-elle en faire son métier ? Pas vraiment. Elle rêvait de devenir astro-physicienne, mais à 16 ans, lors d’un Heiva auquel elle participe, elle est totalement envoûtée par la musique et les effluves des fleurs des couronnes, colliers et costumes.

« C’était une révélation ! J’ai su que c’était ce que je voulais faire : me diriger vers les senteurs. Je regardais ce qui se faisait ici, dans les plantations, m’intéressais à la technique d’extraction de la fleur de tiare, et j’ai voulu me former. »

Elle opte pour la science et décroche une licence de chimie, s’envole pour la métropole et intègre l’ISIPCA, la prestigieuse école des métiers du parfum, créée par Guerlain. A Paris, elle devient évaluatrice, un travail qui fait l’intermédiaire entre l’équipe marketing et l’équipe création, avec pour mission de développer un portefeuille de particuliers et d’entreprises.

« Mais ce n’était pas du tout la vision que j’avais de la parfumerie. Je voulais faire du sur-mesure, et en fonction des personnes créer un parfum qui leur corresponde, à leurs goûts, à l’acidité de leur peau, à leur personnalité.»

LE RETOUR À TAHITI

Lovaïna revient donc au fenua avec dans ses bagages tout un panel de compétences lui permettant de se reconnecter à son envie de départ : l’extraction d’essences locales. Avec l’aide de son époux, elle se forme, sélectionne et fait pousser ses propres essences : fougère, ylang-ylang, fleur de papayer, belle de nuit et chèvrefeuille.

« La Polynésie se prête à cet art de la parfumerie. Je ne m’épanouirais pas autant si je faisais ça ailleurs, j’ai besoin de ce contact avec la nature. »

Lovaïna travaille parfois avec des clients aux demandes particulières.

« Il arrive que l’on me ramène un flacon ayant appartenu à un être cher disparu, souvent une eau de Cologne, pour le recréer. C’est touchant parce que c’est un élément de la vie quotidienne des gens. »

LE PARFUM EST UN ART

Lovaïna fait ce que l’on appelle du marketing olfactif. Mais attention, elle considère la parfumerie comme un art. Il n’y a qu’à se rendre à son atelier, véritable musée de flacons plus magnifiques les uns que les autres, pour y voir que contenu et contenant forment une création unique. Avec ses flacons on trouve des créations en nacre de Hiro Owen, du cristal de Baccarat, du verre de Murano…

« J’ai aussi créé des parfums à partir de tableaux de Salvador Dali, pour essayer de donner une dimension olfactive aux œuvres de ce maître. »

 

Cette jeune artiste évolue donc dans un milieu unique et raffiné, et nous ne voulions pas la quitter sans entendre sa vision de la femme de Polynésie :

« Je trouve que la femme polynésienne, quand elle est mère, reste sensuelle et féminine, forte et inspirante. Elle a un rapport au corps naturel et sans tabou, et véhicule la joie de vivre. »

   Laurent Lachiver
   Rédacteur web

   © Photos : Lovaïna Guirao

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