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Mode & Beauté

Luce et Salomé : le pari «Fare de la lunette »

Publié le 16 avril 2019

Le pari était risqué, mais le cœur a ses raisons que la raison ignore en l’occurrence celui de Salomé et Luce. Ces deux amies de boulot ont décidé il y a un an, de monter un business dans l’optique. Objectif affiché : se distinguer des autres enseignes en proposant de la très bonne qualité à petit budget !  Femmes de Polynésie a rencontré deux passionnées de la lunette.

SALOMÉ

Longtemps considéré comme un accessoire de mode, la lunette peut dans certains cas être une obligation. À Punaauia, Luce et Salomé l’ont bien compris. On ne vend pas de lunettes comme on vendrait un bijou. On cherche avant tout conseil, accueil et sourires. Trois ingrédients indispensables à la réussite d’une vente. C’est ce service que propose le Fare de la lunette. L’idée étant de partager un bon moment tout en achetant des lunettes.

« C’est mon papi qui m’a emmené dans ce cursus, il avait une maladie de l’œil, il a perdu la vue et du coup j’avais envie de faire ce métier. Mais pas seulement. C’est aussi un métier qui touche à tout. Il y a le côté vente, technique, contrôle de la vue, c’est un métier polyvalent !»

Ce sont les mots de Salomé, une jeune femme originaire de Charentes maritime. C’est elle qui a eu l’idée de se distinguer de l’offre existante. À 23 ans lorsqu’elle quitte la métropole après ses études d’opticienne, elle arrive seule en terre inconnue : la Polynésie Française.

« J’en avais marre de la France, le business dans l’optique en France est totalement différent, avec les mutuelles. »

LUCE

« Ouvrir ma propre boutique était un fait en soi, même pendant mes années d’études. »

Luce est la coassociée de Salomé. Elle se destinait à la bijouterie et a dû changer de voie faute de débouchés. Après avoir repris les études à 26 ans, elle retrouve sa terre d’accueil.

« Je viens d’Ardèche où j’y ai vécu 14 ans avant d’arriver par bateau avec mes parents. Grand changement de vie, grande ouverture sur le monde avec mon petit frère. Je fais mon Lycée à Raiatea. »

LE FARE DE LA LUNETTE

En 7 ans, Salomé rencontre son mari, fonde un foyer, célèbre l’arrivé d’un enfant, ouvre un magasin… jusqu’ici tout est parfait. Vient l’heure de la rencontre avec Luce. Elle a lieu en pleine boutique il y a 5 ans.

« Je suis arrivé dans l’entreprise quelques temps après Luce, ça a tout de suite accroché, et après on a lié d’amitié au travail et en dehors du travail. On se voyait tous les jours, dans le travail on est très complémentaires et il n’y avait qu’avec elle que je pouvais faire ça ! »

« Ça » c’est monter une entreprise. Elle n’avait pas envie de faire « ça » toute seule. C’est autour d’une table en buvant des verres que l’idée a germé.

« À la base on était trois. On discutait, on se disait « ah si on se mettait à notre compte ? ». Et puis ça a finit à deux. Parti du constat qu’il y a de plus en plus de gens qui n’ont pas envie d’aller en ville, qui n’ont pas envie de se garer, de prendre les embouteillages, et donc on a tout de suite vu l’intérêt d’être sur Punaauia. On voulait quelque chose qui nous corresponde et que l’on ait plaisir à proposer. »

Le mari de Salomé a été, est et sera d’un soutien sans faille. Il sait qu’être à son compte « c’est quand même mieux », et puis au fur et à mesure, ils ont commencé à créer l’entreprise et réaliser les travaux. Puis vient le jour de l’ouverture. À la question : Peut-on être tendance aujourd’hui en ne portant pas de lunettes de marques ? Salomé est formelle : OUI.

« Tu trouves des marques que tu ne trouves pas ailleurs, des marques qui suivent la mode qui n’était pas présente en Polynésie. On voulait se distinguer des grandes marques parce qu’elles sont trop chères. On est persuadées que l’on peut trouver de la très bonne qualité à petit budget ! »

La simplicité, l’accueil de tous sans préjugés, le côté chaleureux, l’écoute du client, ne pas insinuer ce qu’ils doivent acheter mais répondre à leur besoin, en clair : ne pas « vendre à tout prix » telle est leur devise.

CROIRE EN SES PROJETS

Alors certes, elles ont réussi à monter leur business, mais elles reconnaissent que sans le soutien moral et financier de leurs familles respectives, pas sûre qu’elles y soient arrivées. Les banques de nos jours sont frileuses. Grâce à des aides comme la Sofidep, la DGAE des projets voient le jour.

« À mes yeux la Femme de Polynésie aujourd’hui c’est être une femme qui veut se mettre à son compte. Un choix difficile parce que tout le monde va mettre son grain de sable, donner son avis et il faut être courageux parce que les banques ne suivent pas toujours. Il faut être courageux et avoir du cœur, parce que si tu es courageux et raisonnable tu ne le fais pas. »

Salomé aime son job et déclare que « Tous les matins on se lève avec le sourire et on rentre avec le sourire »

« Nous on aime ce que vous proposez, on a passé un bon moment et on est content d’acheter vos lunettes, je vois bien dans mes lunettes, j’ai hâte de les avoir ! » Exactement le type de phrases qu’elles apprécient d’entendre de la part de leur clientèle. Une proximité qu’elles souhaitent durable. Luce conclut cet entretien :

« Certes nous ne sommes pas d’ici, nous n’avons pas de sang polynésien, mais c’est en quelque sorte notre terre d’accueil, on s’y sent bien, on est ravies d’être acceptées, et on ne veut pas paraître différentes, on veut juste apporter ce que l’on est. À toutes les femmes de Polynésie nous souhaitons leur dire : OSEZ ! »

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Femmes de Polynésie & Micka M Tahiti

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