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Annick, passion tourisme ! - Femmes de Polynésie
pension

Annick, passion tourisme !

Publié le 24 août 2018

Femmes de Polynésie a craqué sur une pépite de la presqu’île. Une dame qui marque par sa générosité et sa détermination. Une dame qui a UNE addiction : son Fenua. Nous nous sommes donc rendus à Teahupoo où Annick a cru prendre sa retraite en 1997.

« BONJOUIR ! »

On ne présente plus, Annick Paofai, et c’est bien dommage ! Car pour rencontrer Annick il faut prendre le bateau, naviguer sur les eaux de Teahupoo et enfin poser le pied sur un ponton qui ne laisse personne indifférent tant le temps paraît suspendu… magique !  Le site est niché en plein cœur d’une verdoyante et chaleureuse nature…

« Je suis née à Papeete, j’ai grandi entre Papara et Teahupoo. J’ai vécu une très bonne enfance avec des parents adorables mais sévères par ce que l’enfant terrible que j’étais recevait 3 fessées par Jour. La première de maman, la deuxième de la bonne et la troisième de papa. J’étais une petite fille hyper active, un vrai garçon manqué, pas féminine du tout… »

L’adolescence est déjà là. Annick grandit avec la même bande de potes. Moto, surf, ils font tout ensemble. Ils seront ses supporters au championnat de surf de Polynésie… Elle, la première surfeuse de Tahiti. Et puis l’amour frappe, celle qui n’a jamais été féminine jusque-là devient « femme ».

« J’avais 17 et demie lorsque je me suis mariée. Au mariage maman a pleuré parce qu’à ses yeux j’étais encore une enfant. Et puis au moment de devenir mère je suis devenue femme. »

Émancipée par son mariage, la mère de famille entre sur le marché du travail. Maman de trois garçons le matin, secrétaire du maire de Papeete puis chef de cabinet à l’Assemblée de la Polynésie Française sous Jean Juventin la journée, présentatrice sur RFO le soir et artisane.  Elle tient le rythme de 1969 à 1995.  Ensuite Annick sort du circuit professionnel, du moins c’est ce qu’elle pensait !

« J’ai cru prendre ma retraite et puis finalement c’est une retraite active puisque j’ai ouvert ma pension en 1997. »

Retour aux sources pour Annick. Après 40 ans, les retrouvailles avec sa terre sont indescriptibles. Seule son âme perçoit. Elle voit sa vie ici. La réussite lui donne raison. Une première compétition de surf international : la black Pearl Horu pro surfing, suffit à faire germer l’idée d’une pension. La voilà à la CCISM. « Quel nom pour votre pension ? » Annick n’y avait jamais pensé…

« J’entendais la voix de mama Shisbé, la grand-mère de mon mari. Quand elle se rendait au Canada dans la péninsule d’Acadie où ils parlent l’ancien français, on dit « Bonjouir » qui signifie la joie de vivre. « Mama  Shisbée disait toujours  Bonjouir ! ». Je suis sure qu’elle m’a soufflé ça de là-haut ! »

Le jour même elle passe sur les ondes d’une radio : Le marketing « Bonjouir » est lancé ! Mais plus que la reconnaissance publique, c’est l’assentiment des anciens du village qui lui importait. Quel ne fut pas son soulagement lorsqu’ils lui disent « Aiu Tano maitai tera ioa no ta oe vahi ! » comprenez : bébé c’est le nom qui convient à ta terre !

« C’est à ce moment-là, que je me suis rendu compte que le tourisme était l’avenir. Notre première ressource économique, où les enfants pouvaient envisager un futur. Qui offre tout un panel de possibilité. Que chaque île, chaque atoll a son cachet, son plus. »

De formation en promotion en passant par la case création et mobilisation, Annick, alors Membre du conseil Economique Social et culturel de la Polynésie Française, œuvre pour mettre en place le label de qualité des pensions de famille.

« Plus de copiage, il faut vendre notre joie de vivre, nous sommes faits pour l’accueil, nous avons ça dans le ventre ! Le touriste doit pouvoir choisir où il veut loger. »

Le 6 juillet dernier, les croisiéristes du Paul Gauguin ont opté pour une escale à Vairao ! Une première pour Annick désormais présidente du comité du tourisme de Taiarapu  Tahiti iti.

« J’avais envie que les touristes soient surpris par le son des toere des pahu et se disent « oh what happen ! mais que se passe-t-il ? » de l’arrivée avec pirogues, flambeaux, percussions, au himene tarava d’au revoir,  je me suis éclatée. »

L’événement est sans précédent de mémoires de prestataires ! « Grandiose » diront certains, « Incroyable » diront d’autres. Le fare potee dressé à la hâte, les chapiteaux recouverts de pareu font sensation. « J’étais sûre que tu allais faire quelque chose d’extraordinaire ! » dit Madame la Ministre.

« Le 26 aout, j’ai pour défi de maintenir la même qualité d’accueil. Peut-être mieux car la population joue le jeu. Quand tu es dans le tourisme, il y a des trucs que les autres ne voient pas, tout est possible quand on sait observer les signes. »

Nous laissons une Annick accueillant ses nouveaux pensionnaires. Des visiteurs qui arrivent et repartent avec leurs déchets. Sachez que la dame est toujours à l’œuvre. Prochain projet ? Un festival de surf… en Avril.

Plus d'informations

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Femmes de Polynésie, Annick Paofai

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