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Portrait

Mariana, la confiance au creux de soi

Publié le 11 décembre 2018

Douce et à l’écoute, Mariana ouvre ses yeux sur l’autre pour apporter rigueur, expérience, persévérance, accompagnes d’une touche d’humour et un optimisme à toute épreuve. Depuis 30 ans, Mariana travaille dans la gestion administrative, un service qu’elle propose désormais en tant que Office manager. Elle s’est confié à Femmes de Polynésie.

Avec ses grand-parents et parents en 1964

Un héritage familial riche et divers

Née à Tahiti d’un père métropolitain avec des racines basque et espagnole et d’une maman polynésienne avec des origines écossaises, Mariana grandit « à l’anglaise » baignée dans un univers bilingue marqué par l’héritage de la famille Asmus et Frogier.

« Nous vivions à Arue et nous avions une maison à Punaauia. À l’époque, c’était comme aller à la campagne, il n’y avait pas de RDO et sortir de la ville était une aventure. »

Son père tient à lui offrir une éducation bilingue et à partir de ses 7 ans Mariana est envoyée tous les étés aux Fidji.

« Je restais dans la famille d’un ami de mon père qu’il avait connu pendant la guerre. Sa fille est devenue comme une seconde maman. »

Après son bac, Mariana qui a toujours connu le voyage, décide de partir étudier en France avec l’idée de quitter le fenua et découvrir le monde.

A Fidji avec sa deuxième famille en 1975

L'apprentissage de la vie

En France, Mariana découvre le Sud puis Paris, c’est l’effervescence.

« Il y avait tant de choses à faire. Tout était nouveau et j’adorais vivre dans la ville, m’habiller avec les saisons. »

Alors qu’elle réalise un stage pour finaliser son BTS de Secrétariat de direction, son père décède brutalement d’un infarctus.

« Mon univers s’est écroulé. Quelques mois après, ma mère le suit et je me retrouve seule loin de ma famille avec l’envie de tout abandonner. Je suis restée pour finir mes études et j’ai trouvé un travail de traductrice… Ça m’a aidé à survivre au deuil. »

Au bout de deux ans, Mariana sent qu’elle a besoin de retrouver ses racines et comprend qu’elle appartient à la terre du fenua.

OPT 1998

La force de la persévérance

De retour à Tahiti, Mariana exerce son métier dans plusieurs grandes entreprises de la place et reprend le goût de la vie. À la quête de sens, elle s’intéresse aux outils de développement personnel. 

« Je découvre le magnétisme, la sophrologie, les énergies et peu à peu, tout se met en place…  Je comprends que ce que j’aime et ce qui fait le fil conducteur de la vie est l’humain, l’échange et l’écoute avec son prochain. »

À partir de 2011, elle nourrit le projet de se mettre à son compte et il faudra deux expériences professionnelles difficiles pour qu’elle accepte de faire le grand saut de l’entrepreneuriat.

« Mon corps manifestait de fortes tensions, je me sentais mal dans mes emplois… Il y a un moment où l’évidence est apparue. Je devais seulement me faire confiance. »

Cette confiance aujourd’hui, Mariana la cultive au quotidien autour des valeurs que ses parents lui ont appris. Elle a créé son entreprise de consulting pour proposer aux entreprises des services en accompagnement administratif et gestion de projet, une manière pour elle d’allier l’humain aux valeurs que la vie lui a apprises.

« Je fais partie des privilégiés et je suis née comme ça. J’ai appris à valoriser les valeurs humanistes qui m’ont été transmises et surtout, j’ai compris la chance que j’ai eu d’avoir grandi et de vivre en Polynésie. J’ai grandi et j’ai travaillé en fréquentant tous les milieux et cela m’a appris combien il est essentiel d’être tourné vers l’autre, d’être en harmonie avec soi-même et d’inspirer la paix. »

Céline Hervé-Bazin
Rédactrice web

© Photos : Femmes de Polynésie

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