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Portrait

Tête à tête avec une tête où foisonnent mille et une idée.
entrepreneuse

Tête à tête avec une tête où foisonnent mille et une idées.

« J’ai réalisé mon rêve ! »

Les mots sont lâchés. Ils sont ceux de Soumia HADACHY. Une femme qui a troqué une vie de fonctionnaire à Barcelone contre une vie de femme d’affaires en Polynésie. Un parcours atypique ponctué de belles rencontres et d’opportunités. Tantôt enseignante, tantôt organisatrice d’événements c’est finalement la casquette de chef d’entreprise qu’elle arbore chaque jour depuis deux ans.

« Gérer une entreprise est un véritable challenge. Mais pouvoir faire ce que tu aimes c’est une chance. Cela te motive à te surpasser. »

Une passion nommée Polynésie

« Je n’aime pas parler de moi, parce que si j’en suis là aujourd’hui c’est grâce à de belles rencontres.»

Une fois n’est pas coutume celle qui refuse toute interview nous accorde un instant de confidence. Une incursion intime, sans l’être tout à fait, obtenue au cours d’un déjeuner d’affaires. Soumia se livre à cœur ouvert. Elle nous parle de ses 20 ans à Montpellier où elle y étudie et se destine au métier d’enseignante.

A Barcelone

« J’ai toujours aimé l’idée de transmettre le savoir. »

Une voie toute tracée quelle assumera…en Espagne. Son premier job, elle le trouve à Barcelone. Au Collège-Lycée Fundacio Collserola. Là-bas elle dispense des cours de français. Six ans passent et le besoin de voir d’autres paysages se fait sentir. Mais partir où ? Elle jette alors son dévolu sur un point de la carte aux antipodes. Il s’agit d’un coin de France perdu au milieu du Pacifique. Un petit paradis distant de plus de dix-huit mille kilomètres.

Ses débuts de professeur à Barcelone

« J’avais pris une année sabbatique. Un pass pour faire le tour des îles de la Polynésie. Une aventure dont je retiens une chose : la générosité de la population. »

Une année sabbatique, puis deux, car Soumia a le coup de foudre. Une passion nommée Polynésie est née. Elle est littéralement sous le charme de ces gens à l’hospitalité légendaire.

Un aller sans retour.

« Tout me fascine ici, je n’ai pourtant aucune racine, mais il m’est impossible d’expliquer ce que je ressens pour la Polynésie. C’est un sentiment entre le Mana et l’Amour. »

L’idée de prendre le large germe dans son esprit. Sa décision est prise, elle prend un aller sans retour et quitte le confort barcelonais pour une aventure sous les tropiques. Une lettre de démission dans une main, la garantie d’enseigner à Tahiti dans l’autre, elle s’envole et intègre le Collège-Lycée La Mennais. Très vite elle se démarque par sa spontanéité et son éloquence naturelle. Des qualités qui ne laissent pas indifférent.

« Je fais un passage au ministère de l’Education et celui de la Jeunesse et des Sports comme conseillère, deviens chargée de communication et rédactrice à l’Assemblée de Polynésie française. Et puis comme une évidence, l’événementiel s’est imposé à moi. »

Aux Tuamotu

Une fois encore la providence joue l’entremetteuse. Son carnet d’adresse sous les yeux, Soumia échange, conceptualise et met sur pied un événement jusqu’ici inédit : La nuit des talents. Il offre la possibilité à des personnes de pouvoir exprimer leur aptitude sur une scène, en l’occurrence celle de To’ata.  L’édition fait un carton. D’abord auprès des spectateurs puis des téléspectateurs. D’autres projets comme « le Salon des plaisirs et de la table » suivront. Résultat, le réseau de Soumia s’étend au secteur audiovisuel. Qu’on se le dise, Soumia vit de l’événementiel.

« Je me suis prise une patente événementiel Tahiti Prod Events. Je m’éclate. Mais j’avais encore un rêve à réaliser. J’ai toujours voulu être styliste. »

Un rêve de petite fille : la couture

« Mieux vaut tard que jamais. J’ai pris des cours avec Séverine. Un bout de femme très pédagogue. Elle m’a appris de nombreuses techniques de couture »

Coudre, créer des gabarits, couper des longueurs de tissus, se distinguer de la masse, Soumia ne recule devant rien pour assouvir sa nouvelle passion : la création. Si elle ne se réfère à aucun modèle, elle foisonne d’idées. Comme toujours Soumia se démarque et finit par créer sa propre marque : Tahiti Glamour, mieux elle ouvre une boutique. Un espace dédié à ses fidèles clientes. L’une d’elle nous confie : elle est très créative, toutes ses créations nous rendent belles, elle nous fait rayonner.

« Quand une femme porte mes créations, elle doit être bien, ça se voit tout de suite à l’extérieur. »

La polyvalence qui la caractérise suscite l’admiration de son entourage et pour cause elle relève tous les défis qui lui sont proposés. Le dernier en date la Tahiti Fashion Week. Le rendez-vous incontournable de la Mode à Tahiti. L’enjeu est de taille, elle doit habiller des mannequins avec des modèles originaux et authentiques à l’image de cette Polynésie qui l’a adoptée.

« Ma plus grande fierté a été lorsqu’un ami créateur m’a demandé où est-ce que je trouve mes tissus et que je lui ai dis « à Tahiti ». »

Une femme de Polynésie au grand cœur.

« Il n’y a pas de hasard dans la vie il n’y a que des rendez-vous. »

Creuser d’avantage l’histoire de ce personnage au sourire éclatant aurait été une intrusion plus qu’une invitation. Mais impossible de ne pas aborder le volet altruiste de cette généreuse chef d’entreprise. Généreuse par le temps qu’elle consacre aux autres, ceux de la rue, ceux dans le besoin, ceux encore perdus au milieu de leurs racines identitaires. Elle ne fait aucune distinction entre eux et les autres plus chanceux comme elle. Humaine jusqu’au bout des doigts, très rare, trop rare même pour ne pas le souligner. Avant de se quitter c’est avec les yeux remplis d’émotion que Soumia dit :

« J’ai eu beaucoup de chance d’avoir vécu la vie que j’ai vécu ici en Polynésie, je suis enfin en phase avec moi-même. »

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Soumia Hadashi

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