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Surfeuse

KARELLE POPPKE, une championne en devenir

Publié le 9 novembre 2018

C’est certainement l’une de nos futures championnes sportives du fenua dont nous vous parlons aujourd’hui. Karelle Poppke, une jeune fille qui a choisi sa voie professionnelle, le surf. Elle s’est confiée à Femmes de Polynésie et nous parle de sa passion et des difficultés de vivre du sport qu’elle aime. 

LA PASSION DU SPORT DEPUIS TOUJOURS

Déjà, petite fille, Karelle s’éclatait dans le sport. A cinq ou six ans, elle pratiquait le tae kwon do, discipline qu’elle a dû arrêter à cause de problèmes internes à son club. Elle bifurque très vite sur le football.
Grâce à une tante, Karelle goûte au plaisir des vagues de Papenoo dès l’âge de huit ans.
Elle est bonne élève au collège Pomare mais n’accroche pas franchement avec les mathématiques et le français.
Evidemment, dès qu’il n’y avait pas école, elle prenait sa planche pour aller affronter les vagues de la côte Est.

« Quand il n’y avait pas de vagues, j’allais courir dans la montagne »

Hyper-active Karelle trouvait toujours un moyen de se dépenser, et les jours sans vagues, elle filait courir dans la montagne. Elle poursuit ses études avec sérieux jusqu’à obtenir un BTS « MUC » (Management Unité Commerciale) mais concilier les études à ce niveau et le sport devient difficile.

© tahiti-infos - avec Vahine Fierro

« Je devais faire un choix »

La passion a été la plus forte et c’est tout naturellement sur le surf que le choix de Karelle s’est porté. D’autant qu’elle commence à prendre goût à la compétition qui la fait sortir du fenua.
Elle commence son palmarès dès 11 ans en Australie, au « king of the groms » où elle est la seule de son club à gagner, accompagnée de sa maman.

UN PALMARES IMPRESSIONNANT

Cette jeune fille très modeste qui déploie toute son énergie dans les vagues déroule au fil des années une splendide carrière ponctuée de nombreux titres :
Rien qu’en 2017, elle finit 5ème en Australie WQS 1000 au Great Lake Women Pro, 1ère au championnat du monde de kneeboard en Espagne, et 1ère à la coupe de Tahiti.

A vrai dire, on s’y perd un peu lorsqu’on se documente sur Karelle car elle collectionne et multiplie les bons résultats en surf, en paddle ou en kneeboard, signe de son énorme potentiel compte tenu de son jeune âge (21 ans).

Ses derniers résultats : 13ème en métropole au Lacanau Pro et 5ème à Anglet, dans le circuit féminin des WQS (World Qualify Series), ce qui lui permet de progresser de 30 places au classement mondial et atteindre la 90ème place, sur une liste de 421 championnes.

© sportstahiti.com

« C’est difficile de trouver des sponsors »

Karelle a donc fait le choix d’être une sportive professionnelle. C’est sa seule activité, sa passion. Et ce n’est pas un choix facile car il faut des moyens pour financer les déplacements, les voyages, les séjours. Et il faut multiplier les compétitions pour se maintenir au meilleur niveau sans quoi l’inactivité vous fait dégringoler dans le classement, ce classement si difficile à conquérir.
Karelle arrive malgré tout à obtenir quelques aides et est devenue ambassadrice Air Tahiti Nui, la compagnie aérienne locale qu’elle ne cesse de remercier et qui, en effet, aide beaucoup les sportifs locaux.
Elle arrive à avoir une bourse du territoire pour sportif de haut niveau, une aide appréciable, tout est bon à prendre, mais pour se maintenir au top du calendrier des compétitions, ce n’est jamais assez.
Karelle explique, toujours avec cette modestie et cette timidité qui la rendent si attachante, qu’elle estime ne pas avoir le profil top model de la surfeuse californienne qui attire les sponsors par sa plastique…
Mais peu importe, elle se débrouille seule.

« Mon meilleur soutien : mes parents »

Cette solitude qui la pousse parfois vers des périodes de doute… Elle n’a donc pas de coach attitré, mais c’est son père qui la soutient et la motive et qui joue un peu le rôle du coach malgré lui.
Elle finance même certains frais en organisant des ventes de plats cuisinés.

© world surg league - Pro Anglet

« L’important c’est de vivre son rêve »

Alors que certains auraient peut-être renoncé à une carrière pro devant les difficultés, Karelle vit son rêve et persiste dans cette volonté de continuer à progresser. Elle en a le potentiel et l’avenir est devant elle.

Elle qui admire Gabriel Medina connait ses forces (la puissance dans les manœuvres face à la vague) et ses faiblesses (elle est moins à l’aise avec une vague dans le dos).
Elle tentera encore de briller dans quelques semaines en Australie.
Entre temps elle s’entraîne, fait de la musculation, du paddle mais n’oublie pas non plus de prendre du bon temps.

Karelle Poppke, une gamine de Papenoo à suivre, qui pourrait bien emmener les couleurs du fenua au firmament du surf mondial…

© surfmedia.jp

Laurent Lachiver
Rédacteur web

© Photos : Femmes de Polynésie

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