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Société

Fabienne, au nom de l’Aorai !

Publié le 4 juillet 2019

Secrétaire de l’association « Te Rauatiati a tau a hiti noa tu », Union polynésienne pour la sauvegarde de la nature, Fabienne César Kaczmarek lance un appel à la mobilisation pour la restauration et l’entretien du sentier de l’Aorai. Face à la déprédation qui touche les refuges, cette passionnée de nature veut sensibiliser les instances publiques sur l’urgence de restaurer un patrimoine hérité du siècle dernier. Femmes de Polynésie s’est rendu sur les hauteurs de la capitale pour entendre son message.

L’Union polynésienne pour la sauvegarde de la nature

Née en 1987, « Te Rauatiati a tau a hiti noa atu » est une organisation non gouvernementale à but non lucratif. Elle a entre autres missions la sauvegarde de plantes endémiques situées sur le plateau de Maraetia, dans la vallée de la Punaruu, mais également l’entretien du sentier de l’Aorai. C’est sur dernier point que notre interlocutrice du jour souhaite attirer l’attention.

Lorsque Fabienne s’engage pour la défense de l’environnement en 2014, elle le fait suite à une vaste opération de nettoyage sur les hauteurs de Pirae. Un sentier qu’elle a pris l’habitude de suivre pour s’y ressourcer, elle, l’enfant de Cambrai qui passait ses vacances d’été dans les Alpes de Provence où elle randonnait avec son père.

« On a descendu 70 sacs de 100 litres, c’était le gros nettoyage. C’est grâce aux réseaux sociaux et à la diffusion des images de jeunes, attristés par la dégradation des lieux, que tout a commencé. »

Depuis, elle ne compte plus les heures passées à arpenter cette piste, accompagnée de nombreux bénévoles et citoyens rencontrés sur les réseaux sociaux. Avec le plateau de Maraetia porté par le botaniste Ravahere Taputuarai, l’association – notamment  Fabienne, le nouveau président Doumai et un petit groupe de passionnés –  s’occupe d’un autre projet majeur : l’Aorai.

L’Aorai, une ascension touristique

Selon Fabienne, ce patrimoine constitue une vraie plus-value pour la commune de Pirae. Ce n’est pas nouveau, puisque ce parcours, qui à l’origine était celui de scientifiques et autres explorateurs du siècle dernier, est devenu au fil du temps le terrain de chasse d’amateurs de cochons sauvages, avant d’être aujourd’hui celui de randonneurs et autres mordus d’activités pédestres.

« On voit énormément de personnes marcher sur ce sentier mal en point, et les refuges dans cet état de délabrement ne peuvent servir de point d’arrêt aux visiteurs venus de loin pour découvrir notre île de l’intérieur. »

A l’association, on constate également que les incivilités peuvent être la conséquence d’un manque d’information. « Nous avons fait appel à Gotz pour illustrer des panneaux informatifs en les rendant plus ludiques. Il a accepté de nous aider bénévolement pour faire passer les messages à travers les personnages de sa bande dessinée locale Pito ma. » L’association est à la recherche de financement pour l’impression et la structure d’accueil des panneaux.  Elle a reçu un premier devis estimatif d’environ 75 000 francs.

En fin de grandes périodes scolaires, il y a toujours des dégâts. L’idéal pour l’association serait de disposer de deux personnes en CAE (Convention d’Accès à l’Emploi), dont le rôle serait de sensibiliser les randonneurs aux bonnes pratiques à adopter sur les sentiers : « 2 personnes qui pourraient être là, présentes, à se relayer sur le sentier et à donner des recommandations ».

Un SOS pour refuges en détresse

En aout 2018, des amis de Fabienne qui se sont rendus au 2ème refuge ont constaté, photos à l’appui, l’état de ce dernier. Postées sur les réseaux sociaux, les images témoignaient du vandalisme dont a été victime le refuge avec les murs éventrés – deux planches enlevées sans doute pour faire un feu – : « Quand on voit cette belle nature, on se dit qu’il faut la préserver ! »

Dans l’immédiat, l’urgence porte sur la restauration du sentier et des refuges, le remplacement des cordages et du matériel de sécurité vieux de 10 ans, ainsi que des balustrades du 1er refuge. L’association a rencontré les autorités du Pays et de la commune de Pirae. Cette dernière leur a accordé 500 000 francs sur les 1 218 000 nécessaires à l’héliportage du matériel destiné au 2ème refuge, pour pouvoir réaliser les travaux de réfection. Un budget autrefois attribué par la Diren sur la période de 2001 à 2012. 

“En 2106 par contre, l’association a bénéficié d’une subvention ponctuelle du Ministère du Tourisme pour l’achat de matériel pour la réfection du second refuge et de débroussailleuses neuves. Elle a également permis de financer l’entretien du sentier pour l’année 2017. Depuis, à nouveau, l’entretien du sentier se fait de façon totalement bénévole sur les fonds propres de l’association  comme l’achat de consommables destinés à l’entretien et aux réparations des débroussailleuses.” 

La fibre écolo : plus qu’un engagement

« Je me sens très en phase avec la nature, ça doit-être dans mes racines. Mes parents cultivaient, mon père avait un verger, ma mère c’était les aromates. J’ai toujours baigné dedans. »

Fabienne cultive cette fibre écolo qu’elle a en elle depuis toujours. Elle a pleinement pris conscience que lorsqu’elle fait des courses, elle achète des déchets. Elle essaye donc de faire attention à limiter les emballages, en prenant par exemple des sacs filet pour les fruits et légumes ou des contenants pour acheter les produits en vrac.

« J’évite les produits industrialisés et j’achète localement. On a cette chance d’avoir plein de choses à notre disposition, comme du sopalin lavable, le shampoing solide, du dentifrice solide, des brosses à dents en bambou,… Il n’y a plus d’excuses. On a un marché nature dans la rue du commerce. A Mama’o, on peut être en ligne avec Eco-Vrac, L’épicerie, il faut continuer. Ça peut paraître cher au départ mais non, c’est un leurre. »

Arrivée jeune maman au fenua il y a 15 ans, par le travail de son mari, Fabienne tient à transmettre ce message aux femmes de Polynésie :

« Les mamans, pensez à nos enfants, à ce que l’on peut leur laisser, aux choix que l’on fait au quotidien, dans notre éducation, à l’exemple que l’on montre. Si vous le pouvez, essayez d’emmener vos enfants dans la nature, de les connecter à la terre. Il y a beaucoup d’écoles qui le font actuellement, un grand merci aux enseignants. Essayez de leur faire planter quelque chose, récoltez le fruit de leur travail et regardez la fierté qu’ils auront dans leurs yeux. La montagne, le lagon, tout est là, on a tout à notre disposition et il faut les protéger. Essayez de faire attention à chacun de vos gestes, car chaque geste compte aujourd’hui. »

1 Lire les portrait de Frère Maxime et de Henry Jay

Plus d'informations

Page Facebook de l’association “Te Rauatiati a tau a hiti noa tu” : https://www.facebook.com/terauatiati/

   Jeanne Phanariotis
   Rédactrice web

   © Photos : Femmes de Polynésie

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