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Société

Naja, Soroptimist engagée pour les femmes
Soroptimist International Club de Tahiti Papeete

Naja, Soroptimist engagée pour les femmes

Polynésienne de cœur comme elle aime le dire, Naja est présidente du Soroptimist International Club de Tahiti Papeete depuis presque deux ans. Ancienne infirmière et engagée pour la cause féminine, elle se bat au quotidien pour faire valoir les droits des femmes et leur autonomie à travers cette association dont il existe de nombreux clubs à travers le monde. Pour Femmes de Polynésie, elle raconte pourquoi et comment elle agit pour la défense de la condition des filles et des femmes.

Polynésienne de cœur au service des autres

Naja fait plusieurs séjours en Polynésie dans les années 80 et 90 avant de s’y installer définitivement en 2001. Elle voulait revenir, avec sa petite famille, pour l’accueil des polynésiens, leur gentillesse, leur sourire et le contact humain incroyable qui règne à Tahiti et dans les îles.

« J’étais infirmière. J’ai gravi différents échelons pour devenir directrice des soins dans des établissements de santé. »

Oncologie, pneumologie, cardiologie, chirurgie orthopédique, psychiatrie… Naja traverse de nombreux services hospitaliers durant sa carrière professionnelle et découvre ainsi de nouvelles facettes de sa profession. Elle enseigne également en école d’infirmière.

« En regardant mon parcours professionnel, je pense que ce n’est pas par hasard que l’on exerce cette profession, qui est très engageante. J’ai vu tellement de choses… »

Pour Naja, ce métier « on l’a dans la peau », ce regard vers l’autre qui conduit à soigner des malades : enfants, adolescents, adultes et personnes âgées. Son métier d’infirmière, sa personnalité, ainsi que son implication dans différentes associations, lui apportent une sensibilité toute particulière au soin des autres. C’est sans doute ce qui l’a conduite à devenir une Soroptimist engagée et active.

Être Soroptimist : s’engager auprès des filles et des femmes

En 2005, un discours concernant les jeunes filles et les femmes fait sens pour Naja. C’est le déclic et elle rentre dans le Soroptimist International Club de Tahiti Papeete.

« Le discours m’a touché doublement : l’infirmière que j’étais et la femme engagée. »

En effet, Naja est engagée et active dans d’autres structures : trésorière du CIDFF (Centre d’Information des Droits des Femmes et des Familles), et secrétaire générale au Conseil des Femmes. Chez les Soroptimist, elle s’occupe d’abord de la commission santé et des droits humains, puis devient directrice de programme et déléguée, ce qui lui permet de représenter le club à l’Union française et de voter pour les actions communes menées sur le plan national.

« En allant là-bas, j’avais envie de voir ce qui se faisait en dehors de la Polynésie et puis c’est un lieu d’amitié, d’échanges… »

C’est tout naturellement qu’elle propose sa candidature et est élue présidente pour deux ans, avec une fin de mandat prévue en septembre. Pour Naja, défendre la cause des femmes ne fait pas d’elle une féministe : il existe encore trop de différences et les filles bénéficient de moins de chances dans la vie que les garçons, ce dès le plus jeune âge et partout dans le monde.

« Être Soroptimist c’est comme être infirmière, c’est quelque chose que tu sens, il y a une espèce de fibre qui vit en toi. »

Un Club de femmes aux valeurs fortes

Présentes dans 123 pays, avec 119 clubs et environ 2700 membres en France (dont les pays d’Outre-Mer), les Soroptimist rayonnent dans le monde entier. La doyenne du Soroptimist International Club de Tahiti Papeete, Jeanine Dupont, a aujourd’hui plus de 95 ans. Elle crée ce groupe le 31 mars 1980 avec Béatrice Vernaudon, Yvette Litchlé, Andrée Dubouch, Flora Devatine et Odette Auroy. Autant de femmes influentes, porteuses de valeurs, motivées et pleines d’idées pour faire avancer la condition féminine en Polynésie.

Flora Devatine, à l’époque 1ère déléguée à la condition féminine, participe en 1981 aux Conférences régionales des femmes océaniennes instaurées par la Commission du Pacifique Sud et organisées par Béatrice Vernaudon. En 1982, les Soroptimist sont partenaires avec d’autres associations de la création du Conseil des femmes et du centre d’hébergement des femmes battus « Pu O Te Hau » en 1990.

« Moi qui suis arrivée en 2005, je suis très fière de ce qu’on fait, et de ce que mes prédécesseurs ont fait. Elles ont toutes amenées leur façon de voir, leur motivation, leur engagement, leurs idées. »

Aujourd’hui, seules les femmes peuvent entrer dans un Club Soroptimist, après avoir montré leur motivation, leur engagement et leurs valeurs.

Des actions pour faire avancer les choses

Le Soroptimist International Club de Tahiti Papeete organise des manifestations onusiennes lors de la journée internationale :

  • de la paix le 21 septembre,
  • des droits de l’enfant le 20 novembre,
  • de lutte contre les violences faites aux femmes le 25 novembre,
  • des droits de la femme le 8 mars,
  • de l’environnement le 5 juin,
  • de la santé en novembre.

« On a identifié des journées mais c’est tous les jours qu’il faut parler des violences faites aux femmes et de la condition féminine. »

Des concerts sont organisés depuis 2011 en partenariat avec le Conservatoire artistique de la Polynésie française. Les bénéfices récoltés ont permis d’offrir 51 bourses pour payer les frais d’inscription et des cours en art classique ou traditionnel à des filles dont les parents ont des revenus modestes. En 2017, sept jeunes filles ont pu encore bénéficier de cette aide, et l’une d’entre elles est aujourd’hui à l’Université de Strasbourg.

« Cette jeune fille a été la première à avoir une aide. On l’a aidée jusqu’à son Bac et elle a ensuite souhaité aller en métropole pour continuer sa formation musicale. »

Le Club Soroptimist de Strasbourg a ensuite pris le relais, aidant la jeune fille à s’installer et gardant un œil bienveillant sur elle.

« Le Soroptimist c’est vraiment un réseau. Cette jeune fille avance bien aujourd’hui et je pense qu’elle va devenir professeur, elle s’est transformée ! »

Plusieurs petites filles sont parrainées à chaque Saga, des sensibilisations à l’endométriose sont mises en place ainsi qu’une participation financière à l’élaboration du livret d’information sur le cancer du sein, en version tahitienne. Le Club accompagne aussi des femmes du centre Pu O Te Hau avec des cours de remise à niveau pour une leur insertion sociale et professionnelle, et des Opérations nationales Cinéma avec projection de film en avant première sont organisées chaque année, dont les bénéfices sont reversés à des associations comme Utuafare Mataeinaa et Vahine Orama Tahiti Iti.

« J’ai dû fatiguer mes camarades parce qu’on a fait beaucoup d’actions (rire). »

Éducation, autonomie financière, violence à l’égard des femmes, santé… Aujourd’hui, le Soroptimist International Club Tahiti Papeete a pour objectif de pousser les femmes à devenir actrices de changements. Et pour Naja, les femmes sont les mieux placées pour défendre leur condition et montrer qu’elles aussi peuvent entreprendre et développer des projets. En Polynésie, de plus en plus d’initiatives féminines voient le jour ces dernières années, et Naja observe cette évolution positive dès son retour en 2001.

« Heureusement que des femmes ont été les premières à forcer des portes. »

La devise des Soroptimist, « comprendre, défendre, entreprendre », guide chacune de ses membres dans les actions à mener et ce Club international se veut être « une voix universelle pour les Femmes ».

Plus d'informations

Sur la page Facebook Soroptimist Tahiti

Camille Lagy
Rédactrice web

© Photos : Naja Charreard

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