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Zéro Déchet Tahiti - Femmes de Polynésie
Environnement

Relevez le défi Zéro Déchet Tahiti

Publié le 3 novembre 2017

Vous avez sans doute entendu parler, ces derniers temps, du projet Zéro Déchet Tahiti dans les médias du Fenua1. Pour mieux le comprendre, il est important de connaître la femme à l’origine de ce concept : Sarah Dukhan. À travers son parcours, ses aspirations et ses idées, elle explique à Femmes de Polynésie ce qu’est le défi « Zéro Déchet Tahiti » et nous fait prendre conscience que chacun peut, à travers des petits gestes du quotidien, agir en faveur de l’environnement. Zoom sur cette initiative, portée par plusieurs partenaires, qui amène des familles de Tahiti à réduire leurs déchets au quotidien. 

L’environnement, une préoccupation au cœur du parcours de Sarah

Sarah est ingénieure dans l’environnement et les énergies renouvelables lorsqu’elle vient pour la première fois en Polynésie française en 2000. D’abord Volontaire civile à l’Aide Technique2 (VAT) à l’ADEME3, elle exerce ensuite d’autres emplois, toujours dans le domaine de l’environnement avant de repartir en France. En 2011, la jeune femme revient en Polynésie, y fonde une famille et décide de ne plus travailler dans un bureau.

« J’avais envie de faire ce que j’aime. Et ce que j’aime, en plus du côté environnement, c’est le théâtre. »

Elle commence à donner des cours de théâtre avec la Compagnie du Caméléon, puis vole de ses propres ailes en créant sa structure : PK0côtéTHEATRE. Elle propose des stages pour les enfants, des cours pour les adultes et du théâtre en entreprise. Sarah travaille aussi beaucoup avec les Mairies et notamment la Mairie de Punaauia. Elle écrit des scénettes sur des thèmes comme le développement durable ou le changement climatique, pour ensuite mettre en place un débat et permettre au public de s’exprimer, de donner son avis…

Stage jeu d'acteur face caméra © Sarah Dukhan

Et comme Sarah garde toujours en tête son engagement pour le respect de l’environnement, elle crée en 2015 une série télé 100% locale : Label Hina. Diffusée sur TNTV en 2015, elle mêle jeu d’acteur et écologie, à travers des épisodes amusants pour sensibiliser aux gestes éco citoyens.

« C’est ce qui m’a amenée au projet Zéro Déchet Tahiti. J’essaye de trouver des concepts de sensibilisation qui soient moins institutionnels que juste dire « il faut faire ceci, il faut faire cela… », des choses plus ludiques. »

Le projet Zéro Déchet Tahiti pour une prise de conscience des citoyens

Fin 2016, l’idée du concept Zéro Déchet Tahiti commence à germer dans l’esprit de Sarah. En faisant des recherches, elle s’aperçoit que de nombreuses villes dans le monde se lancent des défis pour protéger l’environnement.

« De plus en plus de gens se demandent comment faire pour réduire nos déchets, pour créer des produits soi-même ? Pourquoi on ferait pas ça à Tahiti ? »

Motivée par son projet, Sarah va taper aux portes des grandes institutions et décroche le soutien de l’ADEME3 et de la DIREN4, qui financent une partie du projet. D’autres partenaires publics et privés viennent s’y ajouter : l’AFD5, FENUA MA, TNTV et Easy Market.

Et concrètement, en quoi consiste le projet Zéro Déchet Tahiti ? Entre dix et trente familles seront sélectionnées pour participer au défi. Elles seront suivies étape par étape dans leur progression, et certaines pourront partager devant la caméra leur aventure. Des familles d’horizons divers, avec ou sans enfants, sur des zones géographiques et des niveaux de vie différents. Des familles qui n’ont pas pour habitude de faire attention à leurs déchets, et d’autres déjà sensibilisées. Elles représenteront un véritable relais auprès du grand public pour faire prendre conscience des changements qu’il est possible d’appliquer dans nos habitudes de consommation quotidiennes.

Sarah sur le tournage de la série Label Hina © Sarah Dukhan

À partir de mi-novembre et pendant quinze jours, sans changer leurs habitudes, les familles devront peser leurs poubelles pour avoir une idée du poids de leurs déchets.

Ensuite, au cours des quatre mois du projet :

« Les membres des familles s’engagent à réduire leurs déchets par des gestes qu’ils n’ont pas l’habitude de faire au quotidien. »

Des ateliers gratuits, réalisés par des professionnels, leur seront proposés régulièrement :

  • Atelier couture : transformer un vieux T-shirt en sac pour fruits et légumes, coudre ses lingettes démaquillantes soi-même…
  • Atelier jardinage et compost : faire un bon compost, planter dans son jardin…
  • Autres ateliers : créer ses propres produits de beauté, cuisiner ses restes, créer ses propres produits d’entretien, une salle de bain zéro déchet, organiser une fête sans déchets…

« L’idée aussi c’est de se rencontrer, tisser le lien social entre les familles de différents horizons et parler du projet : les difficultés, les bons tuyaux… »

Sarah espère pouvoir pérenniser le projet sur les années à venir, en l’ouvrant aux îles de Polynésie et aux différents acteurs du tourisme comme les pensions, les commerces et les entreprises.

« Je croise les doigts. Il y a une image de pureté à Tahiti, on ne s’attend pas à voir des déchets quand on vient. C’est important de donner une belle image de la Polynésie. »

© Facebook Label Hina

Trucs et astuces pour réduire ses déchets au quotidien

Le fléau principal, c’est le plastique : à Tahiti, moins de 7% de la matière plastique peut être recyclée.

« On est limité, certains contenants ne sont pas recyclables, comme les pots de yaourts et les barquettes qu’on te donne aux roulottes, les sacs plastiques non plus. »

Sarah nous confie quelques astuces pour que chacun puisse réduire, progressivement, ses déchets et ainsi éviter la pollution de la planète par le plastique :

  • « Faire maison » pour éviter d’acheter des produits emballés (gâteaux, produits ménagers...).
  • Acheter certains produits en gros plutôt qu’en format individuel.
  • Acheter les fruits et légumes dans un sac réutilisable en tissu.
  • Acheter la viande à la coupe.
  • Composter ses déchets, comme les épluchures de légume par exemple.
  • Acheter au maximum des produits frais et sans emballage.
  • Acheter vêtements et jouets (en bois) d’occasion.

« On se dit que c’est des petits gestes, mais que c’est pas ça qui pèse dans la balance, et pourtant à force oui, ça peut jouer. Il faut penser durable. »

Elle nous parle aussi de la règle des 3R, qui peut nous aider et nous guider au quotidien :

  • Réduire : se demander dans son acte d’achat « Est-ce que j’ai vraiment besoin qu’on me donne un sac plastique ? ». Et refuser les emballages dont nous n’avons pas besoin, remplaçables par des sacs en tissu, par exemple, permet de réduire sa production de déchets.
  • Réutiliser : acheter d’occasion et vendre, donner, réparer, permet de réutiliser nos objets cassés pour leur donner une seconde vie.
  • Recycler : acheter en fonction des plastiques ou des objets qui sont recyclables et acceptés dans les bacs verts (fiche de tri FENUA MA).

Pour Sarah : « C’est à nous de faire bouger les choses en créant, en participant, en réfléchissant à ce type de projet. Ça vient d’un effort des citoyens. »

© Facebook PK0côtéTHEATRE

Le Défi Zéro Déchet Tahiti est une initiative qui se veut gagnante pour tous : pour la planète, mais aussi pour les familles, qui bénéficient des ateliers et d’un stage gratuit pour leurs enfants au mois de février. Une grande soirée finale permettra de tirer le bilan de cette expérience.

Vous pourrez suivre les familles lors de différentes émissions et reportages au JT et au JT Vert de TNTV, ainsi que sur le site www.zerodechet-tahiti.com.

Et pour ceux qui aimeraient tenter l’aventure Zéro Déchet Tahiti, vous pouvez encore vous inscrire jusqu’au 12 novembre 2017 :
Sur la Page Facebook Zéro Déchet Tahiti
En écrivant à
zerodechettahiti@gmail.com
Ou en contactant Sarah au 87 749 280

1 Fenua : Territoire polynésien

2 Volontaire civil à l’Aide Technique (VAT) : dispositif français permettant de contribuer au développement scientifique, économique, administratif, sanitaire et social, éducatif et culturel en outre-mer. Le Volontariat civil à l’Aide Technique a été remplacé par le Service Civique. (Source : Wikipédia)

3 ADEME : Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie

4 DIREN : Direction de l’Environnement 

5 AFD : Agence Française pour le Développement 

Camille Lagy
Rédactrice web

© Photos de couverture : Femmes de Polynésie
© Autres photos : Facebook Label Hina et Facebook PK0côtéTHEATRE

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